Vin : qu’est-ce que l’effet millésime ?

Vin : qu’est-ce que l’effet millésime ?

Alors que le ban des vendanges est levé dans la plupart de nos vignobles, une question cruciale brûle les lèvres des winelovers : comment sera le millésime 2019 ?
Mais en fait, quand on parle du vin, qu’est-ce que l’effet millésime ? Est-il possible de l’atténuer ? Quelles sont ses limites ?

La qualité d’un vin résulte d’une multitude de facteurs dépendants de l’interaction entre l’Homme et la nature.

Les vigneronnes et vignerons bichonnent leurs parcelles toute l’année, vendangent leurs vignes à maturité, vinifient leurs jus avec soin, élèvent leurs vins avec patience, les mettent en bouteille avec joie (voir notre article Les secrets de la mise en bouteille).
Et pourtant, pour une même parcelle et un même savoir-faire, une cuvée donnée n’aura jamais exactement les mêmes qualités organoleptiques d’une année sur l’autre...

L’effet millésime, une histoire de météo

L’effet millésime est lié au climat de l’année et tout particulièrement aux conditions météorologiques qui surviennent pendant la phase de croissance et de maturation de la vigne (du printemps jusqu’à la récolte).

Une forte humidité jusqu’à la véraison ou avant les vendanges favorise le développement de champignons phytopathogènes (mildiou, pourriture grise) préjudiciables à la quantité et à la qualité de la récolte.
Un épisode prolongé de sécheresse peut provoquer un stress hydrique (jaunissement et perte des feuilles) entraînant des blocages de maturité.
Des températures trop élevées ou trop froides perturbent la composition des baies (teneurs en sucres et acidité).
Sans compter les accidents climatiques, gel, grêle, qui surviennent tel un tsunami sur un millésime.

En résumé, les conditions météorologiques de l’année influent sur les maladies de la vigne, son équilibre, l’obtention d’une maturité optimale, donc sur la qualité des raisins et du vin qu’il en résulte.

L’effet millésime, est-il possible de l’atténuer ?

L’effet millésime peut cependant être lissé avec l’intervention de l’Homme.

L’itinéraire technique appliqué à la vigne se raisonne en fonction de l’année. Le relevage et l’effeuillage aèrent les souches et limitent la pression fongique, l’éclaircissage adapte le nombre de grappes à la capacité de la vigne à assurer leur maturation (voir notre article Les travaux en vert de la vigne), l’irrigation raisonnée pallie le manque d’eau, le tri minutieux de la vendange permet de supprimer les raisins altérés ou pas assez mûrs...

Il en est de même pendant la vinification. La conduite des fermentations (températures, levurage), techniques d’extraction (remontages, pigeages), durées de macération, choix du type d’élevage (cuve ou barrique), s’adaptent au potentiel qualitatif des raisins.
Des pratiques œnologiques, très encadrées au niveau réglementaire, peuvent aussi être appliquées afin d’ajuster l’équilibre des moûts (chaptalisation, acidification...), éviter le développement de bactéries indésirables (sulfites), stabiliser les vins (collages, filtrations)...

Les assemblages de différents terroirs et/ou cépages aident à retrouver les caractéristiques sensorielles majeures de votre cuvée préférée au fil des ans.

L’effet millésime, ses limites

Dans les vignobles prestigieux, il y a des années qui s’arrachent à prix d’or alors que d’autres sont boudées des amateurs éclairés.

Il est cependant difficile de généraliser l’effet millésime sur la globalité d’un domaine, et encore moins à l’échelle d’une aire d’appellation.
Les différents types de sol, leur topographie, leur exposition, l’influence du vent, déterminent un ensemble de microclimats (donc très localisés) engendrant une multitude d’effets millésimes.

De plus, comme nous venons de le voir, le savoir-faire des vigneronnes et vignerons a une grande importance sur sa réussite. Les guides ou cotations des millésimes sont donc à suivre avec parcimonie...

Les millésimes se suivent mais ne se ressemblent pas... Avec le vin, il est impossible de tomber dans la routine, c’est ce qui fait son charme et sa richesse !