Les maladies de la vigne
Les maladies de la vigne
Publié le lundi 09 juillet 2018

Les maladies de la vigne

Dès que les vignes se réveillent de leur repos hivernal bien mérité, que leurs bourgeons donnent naissance à des rameaux épanouis, puis à des grappes charnues, elles sont susceptibles d'attraper des maladies.
Quelles sont les maladies affectant les organes herbacés de la vigne ?

Si le printemps et l'été nous redonnent le sourire aux lèvres après la grisaille hivernale, il est synonyme de stress pour les vigneronnes et vignerons qui doivent redoubler de vigilance. Comme nous l'avons déjà évoqué, ils ne traitent pas leurs vignes par plaisir mais par nécessité (voir billet Pourquoi traite-t-on la vigne ?).
Quel que soit le choix adopté pour la conduite de leurs vignobles, Terra Vitis (voir billet Un vin Terra Vitis, c'est quoi ?), HVE, bio ou biodynamie (voir billet Haute Valeur Environnementale, vin bio, biodynamique, nature, comment s'y retrouver ?), ils doivent lutter afin d'assurer la qualité de leurs récoltes et la pérennité de leurs exploitations.

Les maladies cryptogamiques des organes herbacés de la vigne désignent les maladies causées par des champignons phytopathogènes s'attaquant aux feuilles, rameaux, vrilles ou grappes. Les trois principales sont le mildiou, l'oïdium et le botrytis.

Le mildiou, la tache

Le mildiou est du à Plasmopara viticola. Un champignon originaire d'Amérique du Nord, signalé pour la première fois dans le bordelais en 1879, où il fit des ravages.

Il est capable de s'attaquer à tous les organes herbacés, sur lesquels il exprime des symptômes différents : des taches ressemblant à des taches d'huile sur la face supérieure des jeunes feuilles, qui évolueront ensuite en nécroses, un dessèchement des inflorescences, le développement d'un feutrage blanc sur les jeunes grappes ou rot gris, puis le brunissement des baies attaquées ou rot brun.

Il peut entraîner des pertes de récolte considérables, mais aussi nuire à la qualité en rendant inactives les feuilles responsables de la maturation des raisins.

Le point positif est qu'il est relativement prévisible. La biologie de ce champignon étant bien connue, il est plus facile de l'appréhender. Il est primordial de repérer les contaminations primaires (les premières taches), puis d'anticiper leurs repiquages en présence de pluies. Des outils d'aide à la décision performants ont été développés afin d'aider les agriculteurs à positionner leurs traitements.

L'oïdium, la sournoise

L'oïdium, causé par Erysiphe necator, fut la première maladie d'origine américaine introduite en Europe (1845). Il est aujourd'hui présent dans tous les vignobles.

Comme son compatriote le mildiou, il sévit sur toutes les parties herbacées. Il peut ralentir la croissance des jeunes pousses. S'attaquer aux feuilles qui deviennent ternes et se tachent d'un feutrage gris sur leur face supérieure. Les inflorescences et les grappes se couvrent d'une poussière grise, puis flétrissent et tombent.

Une attaque réduit fortement la quantité et la qualité de la vendange (acidités anormales, goûts de moisi dans les vins).

L'oïdium est sournois parce que quand on le voit, il est déjà trop tard. Le champignon se développe d'abord lentement, avant de se propager de façon explosive sur les feuilles et les grappes.
Heureusement que la période de sensibilité de la vigne s'arrête quand les baies ont fini leur croissance. La période de la floraison est la plus critique, surtout s'il fait chaud (25-30°C).

Le botrytis, la redoutable

Le botrytis est l'apanage du champignon Botrytis cinerea. C'est une maladie très ancienne, connue depuis l'antiquité, responsable de la pourriture de nombreux fruits.

Une de ses spécificités est qu'il ne peut pas pénétrer dans les organes de la vigne si ces derniers ne sont pas blessés. Malheureusement, il profite de la moindre blessure pour se développer à grande vitesse.
Il engendre des dégâts terribles sur les grappes surtout après leur véraison, et jusqu'à la récolte. En conditions humides, la pourriture grise peut envahir la totalité des grappes.

Pour en savoir plus sur ses conséquences quantitatives et qualitatives, voir billet Le botrytis de la vigne, Dr Jekyll ou Mr Hyde ?.

La prophylaxie est un élément de lutte majeur contre le botrytis. Il s'agit de tout mettre en œuvre pour limiter son développement (limiter la vigueur, éviter l'entassement des grappes, favoriser l'aération, lutter contre les vers de la grappe).

Hors années exceptionnelles, c'est-à-dire des millésimes réunissant des conditions très favorables au développement d'une maladie donnée, les vigneronnes et vignerons arrivent à maîtriser ces champignons. Mais qu'en est-il des ravageurs de la vigne ? La suite au prochain épisode...