Le Tardif, un nouveau cépage ancien
Le Tardif, un nouveau cépage ancien
Publié le jeudi 22 février 2018

Le Tardif, un nouveau cépage ancien

Le Tardif a été inscrit au Catalogue officiel national des variétés de vigne il y a seulement quelques mois. Et pourtant, c'est un cépage très ancien du Sud-Ouest de la France...
Pourquoi la filière vin se tourne-t-elle vers le passé pour ressusciter des anciens cépages oubliés ?

Pour affirmer son identité

Dans un contexte international concurrentiel, mieux vaut se démarquer par son savoir-faire et son terroir. D'autant plus que les consommateurs de vin sont à la recherche d'authenticité (voir billet Pourquoi le vin est-il à la mode ?.
La réintroduction de cépages autochtones (voir billet Qu'est-ce qu'un cépage autochtone ? répond parfaitement à cette quête de sens et à ce besoin de singularité.

Pour s'adapter aux changements climatiques

Qui aurait cru que l'on ferait un jour du vin en Angleterre (voir billet Vins effervescents anglais, le retour de la guerre de Cent Ans ? et Tour du monde des vignobles : le Royaume-Uni ?
Les changements climatiques impactent considérablement le cycle de la vigne. Le réchauffement et les périodes de sécheresse entraînent des vendanges précoces et modifient l'équilibre des vins.
Face à cela, les vigneronnes et vignerons doivent repenser leur encépagement en plantant des cépages tardifs, mieux adaptés au stress hydrique. Des caractéristiques que l'on peut retrouver chez certaines variétés originaires de la région en question.

Pour favoriser la Vinodiversité

Les 30 principaux cépages représentent près de 70% de la production mondiale de vin (source Wine Mosaic). Il est grand temps de dire un grand non à l'uniformisation des palais et un grand oui à la diversité !
Mais l'enjeu va beaucoup plus loin que cela. Les collections ampélographiques représentent un énorme réservoir génétique qui, grâce à des croisements, peut donner naissance à de nouvelles variétés, comme les cépages résistants.

Pourquoi ressusciter le Tardif ?

Le Tardif est originaire des Hautes Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques et du Gers. Il a été retrouvé en 1999 sur la parcelle de Sarragachies, regroupant des vignes âgées de 150 à 200 ans (soit avant le phylloxera), plantées d'une vingtaine de cépages différents. Elle a même été inscrite aux Monuments Historiques (voir billet Une vigne inscrite aux Monuments Historiques).

Son inscription au Catalogue officiel national fait suite à l'initiative et à la persévérance des vignerons de Plaimont, une union de caves coopératives qui porte haut les couleurs des vins du Sud-Ouest.

Ce cépage n'est évidemment pas sous les projecteurs par hasard ! Il possède des qualités agronomiques et technologiques très intéressantes : une maturité optimale tardive, une sensibilité faible aux principales maladies de la vigne, un bon potentiel phénolique, de jolis arômes (épices, fruits mûrs, grillé, poivre blanc, réglisse).

Mieux vaut tard que jamais !