Grands Crus classés 1855 : Château Cos Labory, 5ème cru classé à Saint Estèphe

Grands Crus classés 1855 : Château Cos Labory, 5ème cru classé à Saint Estèphe

Bienvenue dans cette nouvelle escapade au cœur des grands crus classés en 1855 qui se déroule cette fois-ci à Saint Estèphe avec le très discret château Cos Labory, qui nous invite dans son intimité.

Dans le microcosme des grands crus classés devenu très bling bling, Cos Labory a gardé une identité locale et familiale. Il est un charmant souvenir du temps où la culture "grand cru" rimait encore avec proximité.

La philosophie du cru est commandée par un principe de réalité, très loin de la débauche financière des maisons aux mains d'investisseurs. A commencer par ses propriétaires, la famille Audoy qui gère le château en "bon père de famille". Les parents et enfants œuvrent avec authenticité a gardé le caractère du lieu, depuis déjà près d’un siècle. Trois frères travaillent au château et Bernard en est le directeur. Ils sont les enfants du médecin de campagne du village de Saint-Estèphe.

Le caractère préservé est vraiment évident quand le voisinage immédiat est systématiquement acheté par de très gros investisseurs. Depuis des siècles, le vignoble bordelais attire de grands acteurs économiques ; Des étrangers, les grandes fortunes françaises, ou encore des organismes de crédit, ont aussi commencé à conquérir les vignes environnantes.
Ce mouvement qui a porté les investisseurs vers les grands crus classé est récurrent. L'appellation profite aussi d'un nouveau souffle par ces achats. Mais quoi qu'en disent ces nouveaux acteurs, ils dépersonnalisent ces très anciennes maisons. Ainsi le foncier flambe et avec lui les droits de succession.

Le joli Cos Labory a su garder toute son intégrité
Le joli Cos Labory a su garder toute son intégrité

Cette juste mesure de Cos Labory se retrouve dans le style du bâti du château. Ils se compose d'un joli hôtel particulier qui trouverait plus sa place dans les belles rue de Paris. Un cèdre, une cour ronde et une tourelle nous ramènent à l'essentiel de l'architecture bourgeoise d'un cru classé. L'ensemble est apaisant, calme et en rien surfait.

Y aurait-il un lien entre la personnalité du lieu, le propriétaire et le vin ? Le Château et son vignoble sont implantés sur un point culminant, qui a tout le charme bucolique et vallonné de l'appellation Saint Estèphe. La pédologie (science des sols) du lieu explique grandement le caractère du vin. Issu des meilleurs terroirs de la croupe de “Cos”, Château Cos Labory allie puissance et la fermeté des vins de Saint-Estèphe. Elle s'explique par la présence de calcaire affleurant. Quant à la déclivité des sols, parfaitement visible en surplomb de Lafitte, elle apporte une opulence. Et la finesse provient des graves. Cette trilogie, puissance / opulence / finesse ne serait s'exprimer sans le savoir faire de Bernard Audoy qui est œnologue.

Les installations techniques sont mitoyennes au château.
Le chai est un vrai chai, pas un show room aseptisé dessiné très chèrement par un désigner à la mode. Les vinifications y sont menées avec pondération, ont pourrait dire modération.
Le nouveau cuvier a doté le cru d’un outil moderne efficace qui lui permet de produire un vin de très bonne facture.
Il n'est pas toujours démonstratif en jeunesse, mais solide et vieillissant bien. Il est indubitablement du niveau de son classement.

Bernard Audoy Copropriétaire, œnologue
Bernard Audoy Copropriétaire, œnologue

La dégustation

Château Cos Labory 2017

Des notes très harmonieuses de fruits rouges tendres s'élèvent
doucement du verre, très progressivement. Cette jeunesse se retrouve en bouche, où le vin montre qu'il est certainement dans un moment très intéressant. Une stabilité confortable ne nous laisse pas nous endormir. La finale est composée d'une jolie conjonction vivacité / tanins qui tire vers de la salinité.

Laborie 2016

Le premier nez est sérieux dense, avec de la rigueur. A contre-pied de ses premières notes en bloc: de fruits mûrs presque prune d'Ente et de boisé, il laisse apparaître un feu d'artifice de choses beaucoup plus aériennes. Ça devient beaucoup plus fun. Le scénario en bouche est complètement surprenant, les premières séquences sont suaves enrobées. Et sans qu'on le voit arriver des tanins fermes se combinent à une bonne acidité. Elle réveille nos papilles doucement assoupies. Un vrai vin à suspense !!

COS Labory 2015

Youpi les arômes poussent en dehors du verre : fruit noir et poivre noir. Puis les effets du boisé : moka. On prend le direct express sur les tanins. Leur grain se prolonge sur toute la durée de la dégustation. Un grand gaillard évidemment à ne pas voir maintenant, on le ressort dans 10 ans.

Cos Labory 2014

Le nez s'échappe hyper vertical avec de la fraîcheur pour l'instant. L'attaque est d'une belle amabilité, plus dense que sur le 2017. La finale est en acier trempé avec des tanins droits tendus mais pas amers. On peut commencera le boire dans 3 ou 4 ans.

Loïc Siri en dégustation
Loïc Siri en dégustation

Cos Labory 2011

La couleur se patine, le nez a déjà produit un bouquet avec des accents de fruits rouges presque noirs. Le passage en bouche est assez fin, se concentre sur une finale juste tendue avec une trace d'amertume.

Cos Labory 2012

Le facteur temps a fait son effet. Il n'est pas d'une grande densité mais il a une belle expansion. La bouche est surprenante, remplissante pour le millésime. il se termine par une vivacité joueuse très rafraîchissante.

Cos Labory 2010

Le nez est concentré, du fruit noir et chocolat. Puis il se concentre et se termine par une note plus aigüe de réglisse. La bouche est onctueuse, grasse, avec de la sucrosité. Les tanins sont d'une justesse absolue.

Cos Labory 2005

Un charme, une élégance vraiment remarquable. La bouche est soyeuse mais toujours en puissance. Les tanins font toujours leur office mais non plus aucune rugosité. Un grand plaisir.

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Publié , par Loïc Siri Dégustateur