Appellations des Hautes-Côtes de Nuits et des Hautes-Côtes de Beaune : panorama sur deux appellations de la Bourgogne régionale

Appellations des Hautes-Côtes de Nuits et des Hautes-Côtes de Beaune : panorama sur deux appellations de la Bourgogne régionale

Les Hautes-Côtes de Nuits et Hautes-Côtes de Beaune ont fêté les 60 ans de l’appellation l’an dernier, en 2021.
Pourtant, elles ne font encore que rarement l’objet d’un traitement à part entière dans les ouvrages de référence sur le vin, tout au plus sont-elles mentionnées au détour d’un paragraphe générique sur la Bourgogne.

En des temps où le prix des cuvées issues des Côtes (de Nuits et de Beaune) vont caresser les nuages, s’arrêter pour contempler les vignes des Hautes-Côtes et en déguster le fruit peut être un heureux compromis pour l’amateur de vins de Bourgogne.

Panorama
Panorama

Egalité historique

A l’image de ses prestigieuses voisines des Côtes, les Hautes-Côtes, situées à l’ouest des vignobles des Côtes, ont une tradition viticole aussi ancienne.
On retrouve la première trace de l’existence de vignes en 761, avec la certitude que les chanoines de Saint-Denis ont cultivé la vigne sur une parcelle de terre donnée par les sires de Vergy.
Et comme elles, le gamay y fut cultivé pendant un temps certain, donnant même le nom de certains villages des Hautes-Côtes à des plants, comme le gamay d’Arcenant ou le gamay de Bévy.
Jusqu’à ce que le gamay soit royalement qualifié de plant déloyal (trop de rendement…), et supplanté par le pinot noir.

Sens précoce de la communication

Les Hautes-Côtes obtiennent chacune leur appellation (Coteaux du Nuiton et Coteaux du Beaunois) en 1932, soit à la même période que ses cousines, avant d’être rebaptisées de leur nom actuel en 1961. Mais déjà à l’époque, la comparaison en faveur des appellations cotées des Côtes était sous-jacente à la demande en 1927 des vignerons de renommer une première fois leur appellation, en disant définitivement adieu à la dénomination de Arrières-Côtes.

Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre

Dans les méandres de la pyramide de classification des appellations bourguignonnes, les Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits appartiennent à la grande catégorie des appellations régionales.
Elles se répartissent sur 40 communes, à part égale entre elles deux.
Et si la culture du pinot noir et du chardonnay leur donne un point commun avec le reste du vignoble bourguignon, ainsi que ses sols argilo-calcaires, les typicités des Hautes-Côtes résident ailleurs.

Des cépages bien à elles

En plus de cépages bourguignons classiques cités, les Hautes-Côtes sont les seules de la région à cultiver également, pour le blanc, le pinot gris et le pinot blanc, traditionnellement plus associés à l’Alsace.
En résultent des cuvées à la palette aromatique proportionnellement modulées par la quantité de ces cépages dans les cuvées, ayant tendance à conférer des notes de fruits blancs, de cannelle, de miel, de fleurs blanches et de pêche.

Des cépages bien à elles
Des cépages bien à elles

Fraîcheur à l’honneur

Autre typicité : l’altitude, et donc la fraîcheur. En ces temps de réchauffement climatique, les vignes exposées entre 320 et 450 mètres présentent à la dégustation une fraîcheur bienvenue.
Que les vignes ne sont pas, ou n’étaient pas, les seules à apprécier, et une autre particularité des Hautes-Côtes réside dans une tradition de polyculture. Aux côtés des vignes s’épanouissaient les cultures de fruits rouges : framboise, cassis, mûre, et constituaient la base des célèbres liqueurs produites et composants de parfumerie.
Las, ces deux industries ont décliné ; les parfumeurs se tournant davantage vers les produits de synthèse et les cassissiers s’étant déplacés vers le val de Saône.

Enfin, la présence de vignes hautes caractérise les Hautes-Côtes, notamment en Hautes-Côtes de Nuits. La raison est simple : le gel tutoie parfois les reliefs, et relever la vigne du sol permet d’éviter les gros dégâts.

Environnement au premier plan

Connectée globalement à la nature, l’environnement paysager des appellations est situé en zone Natura 2000. En écho à cette préoccupation constante qui anime les vignerons de l’appellation, la cave coopérative des Hautes-Côtes et la cave des Terres Secrètes ont mis en place un groupe zéro carbone, ayant pour ambition de proposer des solutions à tous les niveaux de la production pour réduire voire supprimer l’impact carbone. Cela va du choix d’une étiquette unique à l’encre minérale au bouchon en liège naturel, en passant par la capsule en aluminium qui se voit tout simplement remerciée.

Vignes en Hautes-Côtes
Vignes en Hautes-Côtes

Accords fétiches

Tartare de saumon au citron vert, coquilles Saint-Jacques snackées, sole meunière… les poissons seront magnifiés par les blancs des Hautes-Côtes. Si le plat est déjà un peu gras et rond on privilégie une cuvée sur la minéralité et la salinité, comme Le Clos des Oiseaux du domaine Bonnardot. Pour un ceviche de daurade à la coriandre par exemple, on ira plutôt vers un Hautes-Côtes de Beaune comme celui du domaine Berger-Rive, a fortiori sur un millésime un peu évolué, où la tension et la fraîcheur complètent la rondeur et le nez toasté de la cuvée.

Quant aux rouges, mariez-les avec une viande blanche, de la charcuterie, ou des plats végétariens type mezzés aux saveurs prononcés !

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Publié , par Pauline Gonnet