
accords mets et vins
Que boire avec des tripes à la mode de Caen ?

Les tripes à la mode de Caen aiment prendre leur temps en cuisine mais ne laissent aucune place à l’hésitation dans le verre. Pour souligner leur richesse et les aromates, choisissez un blanc vif et parfumé. Et pour faire écho au cidre qui entre déjà dans la recette, une bolée de brut s’impose comme une évidence normande.
Avec les tripes, les blancs misent sur la vivacité
Garnies d’un florilège d’aromates, arrosées de cidre et cuites à feux doux pendant une quinzaine d’heures, les tripes de Caen demandent de la patience et appellent des vins blancs vifs et parfumés. Deux régions viticoles s’imposent alors. D’abord, la Bourgogne.
Chablis et Saint-Véran, deux visages de la Bourgogne
À Chablis, on recherche la fraîcheur et la minéralité de ce terroir riche en petites huîtres fossilisées. Au nez, le silex se mêle à la pomme verte, au pamplemousse, au tilleul, à l’acacia, au citron, ou encore à la violette. Sa finesse remarquable offre un peu de légèreté à ce plat nourrissant.
À Saint-Véran, on trouvera un peu plus de rondeur mais toujours cette minéralité parfaite avec les tripes. Notes de fougère, de chèvrefeuille, d’amande fraîche, de noisette, d’agrumes, et de beurre au programme de ces vins à l’équilibre délicat entre gras et acidité.
Partez ensuite dans la Vallée de la Loire.
La Loire déploie sa palette aromatique
À Sancerre, le Sauvignon Blanc s’épanouit à merveille et donne des nectars fermes et structurés. Il a trouvé ici son terroir de prédilection et évoque tour à tour les agrumes tels que l’orange et le citron, la menthe, l’acacia, le buis, la fleur d’oranger, le miel et les épices. Ce bouquet d’une incroyable complexité est également présent en bouche, soutenu par une belle matière et beaucoup d’élégance.
En Anjou, les fleurs blanches du Chardonnay côtoient les fragrances fruitées du Chenin. Rondeur, structure et tanins fins au rendez-vous.
À Jasnières, ce sont l’acacia, l’aubépine, l’abricot et les agrumes qui s’imposent. Cette appellation moins célèbre que les deux précédentes n’a pas à rougir devant elles, bien au contraire. Son attaque franche laisse place à une superbe fraîcheur et une finale délicate entre fruit et minéralité.
Et pourquoi pas un cidre brut ?
Une fois n’est pas coutume, je vous propose une alternative au vin sur cet accord. Le cidre brut, déjà utilisé dans la recette, sera du plus bel effet aux côtés des tripes à la mode de Caen.
Le saviez-vous ? À l’instar de nombreux vins, le cidre est le résultat de l’assemblage de plusieurs cuvées pour obtenir le profil aromatique parfait. De plus, après avoir été broyées, les pommes sont macérées pour renforcer leurs arômes. Que de points communs !
Côté dégustation, ce sont sa puissance aromatique, sa pointe d’amertume et sa fraîcheur naturelle qui en font un allié de choix de ce mets. On perçoit des parfums de pomme intenses au nez comme en bouche. Un joli mix de fruité et d’acidulé tout en subtilité.
De Caen aux bistrots, une recette qui traverse les siècles
Ce plat généreux a des racines très anciennes. S’il est difficile de dater exactement sa création, on en trouve des traces écrites dès le XIIIème siècle. Ceux-ci rapportent que ce serait Sidoine Benoît, moine cuisinier de l’Abbaye des Hommes de Caen, qui en aurait eu l’idée. D’abord réservées aux ecclésiastiques, les tripes débarquent à Paris au XIXème siècle. Elles s’inscrivent alors aussi bien dans la gastronomie normande que dans la cuisine de bistrot. Il existe même depuis 1952 un Grand Ordre de la Tripière d’Or qui veille à sa protection et récompense les meilleures tripes de l’année.
Cette recette authentique qui se transmet souvent de génération en génération, est valorisée par de nombreux artisans ou revisitée avec plus d’élégance et de raffinement par certaines grandes tables.
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