Les Beaujolais, des vins de garde ?
Publié le jeudi 09 février 2017

Les Beaujolais, des vins de garde ?

Léger, frais, croquant, facile, gouleyant… Quand on parle des vins du Beaujolais, tout laisse à penser qu'il s'agit surtout de vins friands et gourmands, à déguster jeunes. Pourtant, derrière le Beaujolais nouveau et les appellations génériques se cachent dix crus qui méritent de passer quelques années en cave avant d'être débouchés.

Le Beaujolais nouveau, un vin de soif

C'est le vin primeur par excellence. Commercialisé le troisième jeudi de novembre, quelques semaines seulement après sa mise en bouteille, il n'a subi qu'une courte macération. Résultat, il ne contient que très peu de tanins, ce qui rend sa garde très compliquée. Ce n'est donc pas un hasard si le Beaujolais nouveau se consomme dans l'année : on peut ainsi apprécier ses arômes de fruits et sa légèreté.

Le Beaujolais et le Beaujolais-Villages, des vins de courte garde

Si le Beaujolais Nouveau représente plus d'un tiers des vins produits dans le vignoble, il ne faut pas pour autant oublier les deux appellations emblématiques de la région, le Beaujolais et le Beaujolais-Villages. Les vins rouges, tous issus du gamays, sont reconnus pour leur côté désaltérant et leur bouche croquante. Les vins blancs sont plus confidentiels : composés de chardonnay, ils rappellent les vins de Bourgogne. Qu'ils soient rouges ou blancs, les vins des AOC Beaujolais et Beaujolais-Villages se prêtent à une courte garde : il est conseillé de les boire dans les deux ans suivant leur mise en bouteille.

Les crus du Beaujolais, des vins bâtis pour la garde

Ils sont dix: Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Brouilly, Côte de Brouilly, Moulin à Vent, Morgon, Régnié, Fleurie et Chiroubles. Le point commun entre ces appellations ? Ce sont toutes des crus produits dans le nord du Beaujolais, à quelques centaines de mètres de la frontière avec la Bourgogne. Exit les vins de soif. Malgré des tanins fins et légers, ces vins ne manquent ni de structure, ni de caractère. Le plus affirmé est sans doute le Morgon, souvent comparé à ses cousins bourguignons. Bâtis pour la garde, ces crus peuvent se conserver en cave pendant trois à cinq ans sans être altérés. Leurs arômes de fruits rouges croquants laissent alors place à des notes d'épices et de fruits mûrs.