Focus cépage : Le Gamay
Focus cépage : Le Gamay
Publié le vendredi 27 octobre 2017

Focus cépage : Le Gamay

Lorsque l'on évoque le cépage gamay, il est automatiquement relié au vignoble du Beaujolais. Quelques 22.000 hectares sur les 36.000 plantés en France, sont en effet situés dans cette région viticole. Une histoire d'amour de longue date. Mais ce cépage particulier réserve bien des surprises !

Une origine bourguignonne

Le Gamay Noir à jus blanc était en réalité largement répandu en Bourgogne jusqu'au 14ème siècle. C'est Philippe Le Hardi, Duc de Bourgogne, qui ordonna l'arrachage de ce cépage dans toute la région, au profit du Pinot Noir, dont le Gamay est issu, par ailleurs. Jugé “plant vil et déloyal” par le Duc, le Gamay se retrouva autorisé seulement en terres beaujolaises. A l'époque, on constata surtout qu'il s'exprimait mieux sur les sols argilo-calcaires et granitiques du sud de la ville de Mâcon. Sans s'en rendre compte, par son ordonnance, le noble venait de donner ses origines à la notion de terroir. Et ses contours au Beaujolais viticole.

Face à l'engouement que va connaître le Beaujolais et son cépage précoce, rapidement prêt à la commercialisation, d'autres vignobles vont s'y intéresser. Et à le planter, comme en Val de Loire. Il va aussi s'exporter à travers le monde : en Italie, Bulgarie, Russie, Brésil, etc.

Un cépage toujours... Surprenant !

Si l'on se penche sur les caractéristiques propres du cépage qui compose plus de 90% du vignoble Beaujolais, nous remarquons qu'elles sont particulières et uniques.

S'il craint particulièrement le millerandage (variabilité dans la taille et la maturité des grappes), il s'agit d'un cépage robuste. Précoce relativement tôt, il peut subir les gels tardifs qui sévissent parfois lors de sa floraison. Fatal. Mais il est parfaitement adapté aux climats septentrionaux et on le retrouve juché sur les flancs de montagnes du vignoble de Savoie. Il ose tout.

Le Gamay fait aussi son numéro dans les vignes, puisqu'il se dessine en taille “gobelet” ou taille courte, technique amenée par les Romains. Les vignes ne sont pas palissées et plutôt basses. Par ce procédé, elles subissent moins les effets du vent et de la sécheresse. Ils forment comme des œufs de pâques, lorsque les sarments sont relevés en été ! Par conséquent, la mécanisation y est très difficile, et c'est pourquoi les vendanges sont essentiellement effectuées à la main.

Au niveau de ses qualités aromatiques, les raisins aident à produire des vins très fruités (fruits rouges) avec une pointe d'épice. Pas de banane, donc ! Sa robe est d'un pur rouge vif, signe de sa fougue de jeunesse. Il s'agit d'un cépage fertile et, pour assurer une qualité suffisante aux vins, il est nécessaire de contrôler le nombre de grappes, par des vendanges vertes par exemple.

Dans le Beaujolais, c'est la macération carbonique en grappes entières, qui est préférée. Cette technique permet l'explosion des arômes de fruits frais ainsi et des tannins réduits. Elle convient à des vins primeurs, comme le célèbre Beaujolais Nouveau mais aussi aux vins de garde.

En ce qui concerne les accords mets-vins, le cépage Gamay s'accorde parfaitement avec des plats triviaux tels que la charcuterie et le fromage. Mais derrière cette simplicité apparente, il est néanmoins épatant puisqu'il est très souvent le choix de prédilection pour se lier avec des cuisines épicées ou encore des desserts !

En un mot, un cépage impertinent mais toujours étonnant !