Encore du sexisme dans la filière vin ?

Encore du sexisme dans la filière vin ?

La Journée Internationale des Droits des Femmes du 8 mars est l’occasion de faire un point et de réfléchir à la place des femmes dans le milieu qui nous concerne, à savoir la vigne et le vin. A la question, avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme dans la filière vin ?, voici les réponses des principales intéressées...

Le vin est une boisson sociale, qui nous rassemble autour d’un verre, une jolie table, un bon petit plat. Chez Toutlevin, nous avons à cœur de mettre en lumière ces moments de partage dans notre rubrique rencontres au travers des portraits de personnalités qui nous font aimer le vin.

Ces échanges privilégiés permettent de découvrir des vignobles, des parcours de vie, les différents métiers de la filière, avec une approche réaliste, empreinte de sincérité.
Quelles soient vigneronnes, cavistes, œnologues, issues d’appellations prestigieuses ou plus confidentielles, les femmes du vin ont répondu à une question que l’on aimerait n’avoir plus à poser !

La WINEista : Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme dans la filière vin ?

Tessa Laroche, vigneronne au Domaine aux Moines dans l’appellation Savennières Roche aux Moines

Pas plus qu’autre chose... Il y a beaucoup de vigneronnes à Savennières, avant moi c’était ma mère. Quand on a du caractère et que l’on fait le métier qu’on aime, voilà, ça va.

Aurélie Carreau, vigneronne au Château Mons la Graveyre dans l’appellation Cadillac Côtes de Bordeaux

Oui, ça n’a pas été simple tout le temps. On est obligé de plus se justifier, de prouver qu’on est compétente. Sans parler de remarques qui sont sensées être affectives, mais malheureusement ce n’est pas que dans le secteur du vin. Cela évolue mais il y a encore un bon chemin à faire...

Aurore Günther, vigneronne aux vignobles Günther-Chereau dans l’appellation Muscadet Sèvre et Maine

Pas vraiment... Je ne travaille pas avec des personnes que je n’apprécie pas. La question à se poser reste cependant si mon genre a eu une influence lors de ces relations qui ne se sont pas très bien passées... Je pense qu’il y a encore des difficultés, même si la situation évolue. Il faudrait qu’il y ait plus de mixité dans les différents domaines d’expertise, plus de femmes en production et d’hommes à la commercialisation.

Mathilde Kaddour-Kolee, responsable de Ma Cave à Vins à Bordeaux

Oui, c’est compliqué ! Surtout avec les commerciaux, c’est plus difficile d’être crédible, de négocier en tant qu’acheteuse. Avec les clients, certains mettent plus de temps à faire confiance à une femme. S’il y a deux hommes et une femme dans une cave, ils vont toujours s’adresser aux hommes. Il y a même des clients qui ne veulent pas se faire conseiller par une jeune femme. Heureusement, ils sont peu nombreux ! Il faut parfois hausser le ton pour se faire respecter.

Même si les mentalités évoluent, la route semble encore être longue et sinueuse avant que les stéréotypes de genre, et les discriminations qui en découlent, ne fassent plus d’ombres au tableau. La filière a pourtant prouvé qu’elle savait très bien s’adapter aux changements et se réinventer afin de répondre à des problématiques techniques ou des enjeux environnementaux, il serait donc temps qu’elle mette autant d’engagement afin de garantir l’égalité entre les femmes et les hommes du vin...

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Publié , par La WINEista