Qu'est-ce qu'un millésime ?
Qu'est-ce qu'un millésime ?
Publié le mardi 22 octobre 2013

Qu'est-ce qu'un millésime ?

La date est inscrite sur chaque bouteille, lisible, centrée : 2003, 2009, 2010. Elle orne les étiquettes des bordeaux comme des bourgognes ou des vins de la Vallée de la Loire, entre autres. Ces quatre chiffres correspondent au millésime. Le terme est connu, sa signification, un peu moins. Que recouvre-t-il ? Qu'indique-t-il sur la qualité du vin ? Faut-il s'y fier pour choisir une bouteille ? Toutlevin.com fait le point.

Que signifie la notion de millésime ?

Le mot millésime est employé pour qualifier les vins vendangés dans l'année. Un Graves 1994 a donc été cultivé, récolté et vinifié en 1994, un Chablis 2002, en 2002. On note toutefois une exception à la règle, les champagnes. S'ils peuvent être millésimés, ils proviennent la plupart du temps d'un assemblage de plusieurs cuvées, qui ne sont pas toutes vendangées la même année. Cela garantit une qualité constante d'année en année. Notez que les champagnes millésimés existent : comme un vin, ils reflètent alors le climat de l'année.

Pourquoi les vins sont-ils différents d'une année sur l'autre ?

Le raisin est un fruit. Comme la cerise, la fraise ou l'abricot, il est sensible aux variations météorologiques. Ainsi, un vin cultivé sur les mêmes parcelles, riche du même terroir, n'aura pas le même goût d'une année sur l'autre. La pluie, la grêle, le vent, mais aussi le soleil et la chaleur ont un impact sur la vigne, et par conséquent sur le vin qui en découlera.

Comment peut-on savoir si un millésime sera bon avant même d'avoir vendangé ?

Fiez-vous à la météo ! Pour élaborer un bon vin, quelques conditions sont nécessaires : un printemps et un automne légèrement humides, pour que le sol puisse faire des réserves d'eau, un été ensoleillé, afin que les feuilles de vigne soient exposées à la photosynthèse et dopent la production de sucre des raisins, et un mois de septembre clément, afin de ne pas gorger les fruits d'eau avant les vendanges. Ce fut le cas en 2010. Le résultat est flagrant : tanins mûrs, acidité maitrisée… Le millésime est parfaitement équilibré.

A l'inverse, comment savoir s'il vaut mieux éviter un vin vendangé telle ou telle année ?

La vigne n'aime pas les excès. On pourrait croire qu'une année comme 2003, marquée par la canicule, donnerait des vins gorgés de soleil. Raté ! La chaleur a en réalité asséché les raisins. Résultat, des vins très sucrés et peu acides, qui ne se gardent pas. 1992 symbolise, lui, l'extrême inverse. Les températures peu élevées et la pluie qui est tombée sans discontinuer pendant les vendanges ont donné des raisins atteints de pourriture grise, qui se retrouve dans le vin. Quelques exceptions confirment la règle : cette année-là, certaines vignes ont échappé aux intempéries. Elles sont rares, mais les vignerons ont pu en tirer de bons vins.

Existe-t-il des grands et des petits millésimes ?

Evidemment ! 1992, 2000 ou 2004 ne resteront pas dans les annales. 2005, 2009 et 2010, au contraire, sont des millésimes recherchés. Attention toutefois à ne pas faire de généralités. Un vin rouge dont les tanins ne sont pas assez mûrs donnera un vin râpeux, alors que l'acidité due à un manque de maturité peut sublimer un vin blanc.

Doit-on faire l'impasse sur les petits millésimes ?

Surtout pas ! On sait déjà qu'une année comme 2013 sera très hétérogène. La région, le type de vin et les contraintes économiques liées à la taille des domaines sont autant de facteurs à prendre en compte : le même millésime ne bénéficie pas des mêmes conditions météo dans le Beaujolais qu'en Provence. En 2002, les vins rouges de la Vallée de la Loire étaient gorgés d'eau, tandis que les blancs d'Alsace, vendangés tardivement, ont bénéficié d'un été indien. Les petits domaines, eux, peuvent se permettre d'attendre quelques jours que leurs grappes arrivent à maturité, tandis que les grandes exploitations sont tributaires d'un calendrier précis. Au-delà du millésime chaque façon de traiter la vigne influe sur le vin : le savoir-faire des vignerons reste essentiel et permet souvent de faire un vin de qualité même une année plutôt médiocre.

Par Alexandra Reveillon

Merci à Catherine Agelasto, sommelière indépendante.