Pourquoi les bouteilles de vin n'ont-elles pas toutes la même forme ?
Publié le vendredi 08 avril 2016

Pourquoi les bouteilles de vin n'ont-elles pas toutes la même forme ?

Ce sont les Anglais qui, les premiers, eurent l'idée de conditionner les vins français en bouteille pour faciliter leur exportation. Depuis, à l'exception du clavelin jurassien, toutes les bouteilles de vin standards ont une contenance de 75 cl. La forme des bouteilles elle varie selon les régions. De la flûte alsacienne à la bouteille provençale en passant par le frontignan, utilisé à Bordeaux, la taille du fût, la forme de l'épaule et la longueur du col ne sont pas les mêmes.

Les bouteilles ont-elles toujours existé ?

Non. Jusqu'au XVIIe siècle, le vin était conservé dans des tonneaux. Ni très pratique, ni très étanche… Ce sont les Anglais qui eurent alors l'idée d'utiliser les bouteilles. Fabriquée en verre teinté, la bouteille permet à la fois de protéger le vin de la lumière, de mesurer précisément la quantité vendue et même de mettre au point de nouveaux types de vins, comme le champagne. Pas étonnant qu'elle ait séduit les vignerons pour s'imposer dans toute la France dès le XVIIIe siècle !

Quels types de bouteilles trouve-t-on en France ?

Devenue incontournable dans l'hexagone, la bouteille n'est pas pour autant unique. On dénombre sept formes différentes. Le frontignan, épaules rondes et col cylindrique, est celle qui vient naturellement à l'esprit lorsqu'on parle de bouteille de vin. Elle est aussi appelée bouteille bordelaise. La flûte alsacienne est haute et élancée, tandis que le clavelin du Jura, trapu, ne contient que 62 cl de vin. Les vins de Provence peuvent être embouteillés dans des bouteilles à corset ou des quilles oblongues, tandis que le champagne forme ses bulles dans une bouteille aux épaules tombantes et au fond creux. Les vignerons de la Loire, de la Vallée du Rhône et de Bourgogne utilisent quant à eux une bouteille au col fin et aux épaules tombantes. La différence se niche alors dans les détails, de la gravure au poids du verre : les bouteilles utilisées dans la Vallée de la Loire sont par exemple plus fines qu'en Bourgogne.

Le goût du vin change-t-il d'une forme de bouteille à l'autre ?

Non. Si les régions ont fait le choix d'adopter des bouteilles de forme différente, c'est avant tout pour affirmer leur identité. Il est ainsi plus facile de les reconnaître au premier coup d'œil. Le vin, lui, aura toujours le même goût dans une bouteille oblongue, élancée ou épaulée. Seul le volume peut avoir une influence sur le contenu : une demi-bouteille vieillit plus vite qu'une bouteille de 75cl, tandis qu'un magnum augmente le potentiel de garde d'un vin.

Les vignerons de la région sont-ils obligés d'utiliser la bouteille locale ?

Tout dépend des régions. Si le frontignan est largement majoritaire à Bordeaux, rien n'empêche les vignerons d'utiliser une bouteille dite bourguignonne. C'est d'ailleurs le cas du Château Haut-Brion : ce premier grand cru classé est embouteillé dans une quille aux épaules tombantes et au col fin depuis toujours. Les producteurs de vin jaune du Jura, eux, doivent impérativement utiliser la bouteille locale, le clavelin. C'est également le cas des viticulteurs alsaciens : la mise en bouteille dans des flûtes est inscrite au cahier des charges des appellations de la région.

Certaines bouteilles sont-elles réservées à des appellations en particulier ?

Non. Même s'il ne viendrait pas forcément à l'esprit d'un vigneron bordelais d'utiliser une bouteille de champagne ou un clavelin pour conditionner ses vins rouges, il en a techniquement le droit. Les bouteilles ne sont pas protégées par les lois de la propriété intellectuelle. La flûte alsacienne est ainsi très répandue en Allemagne, en Autriche ou en Italie. Les bouteilles de champagne sont également utilisées pour les crémants et les mousseux à travers la France. Le frontignan est quant à elle la bouteille la plus répandue à travers le monde, avant la bouteille bourguignonne. On retrouve en revanche quelques détails propres à certaines appellations : seule l'AOC Châteauneuf-du-Pape a le droit d'apposer les armes pontificales sur ses bouteilles.

Alexandra Reveillon