Portrait d'un caviste : la cave Arno

Portrait d'un caviste : la cave Arno

Être caviste c’est un métier de passion. Nombreux sont ceux qui ont posé la première pierre d’une reconversion professionnelle en créant leur commerce. C’est exactement le cas de Didier Sabarots, originaire du Pays Basque qui a créé en 2016 la Cave Arno au Taillan dans la banlieue bordelaise. Laissez-moi vous raconter cette belle rencontre ainsi que son parcours dont je suis certain, plusieurs d’entre vous pourraient se retrouver.

Quel est le lien entre l’armée, le bâtiment et le vin ?

A priori aucun et vous avez raison. Mais en pratique tout est lié dans l’histoire de Didier. Le début était au Pays Basque, là où il est né. Puis les Landes pour son service militaire dans un mess d’officier à faire le couteau suisse. Passant du service en salle à l’organisationnel tout en gardant un œil sur la gestion de la cave et des achats, il a roulé sa bosse sur le tas.

Amoureux depuis toujours du vin, il a décidé de monter à la source bordelaise afin d’y créer sa société dans le bâtiment (aucun rapport, je vous l’accorde). Il a notamment collaboré avec le Château Smith Haut Lafitte lors de ses nombreux chantiers. Mais alors que tout fonctionnait bien, il a eu envie de changement et a terminé d’honorer toutes ses commandes pendant encore quelques années et a créé sa propre cave. Qui n’est pas qu’une simple cave car il fait également bar à vins.

Alors pourquoi ce nom de cave Arno ? Tout simplement parce que Arno en basque signifie vin ! On ne peut pas faire plus simple comme explication, avouons-le !

On y trouve quoi dans cette cave ?

Bordeaux est la région viticole la plus représentée avec environ 25% de l’offre de la cave. Le reste étant réparti entre à peu près toutes les régions françaises avec notamment de belles pépites du Languedoc.

Didier tient à cœur de connaître tous les vigneronnes et vignerons dont il vend les vins. Pour cela, il prend le temps souvent en septembre de chaque année comme beaucoup de cavistes, d’aller leur rendre visite sur place afin de maintenir les liens qu’il a patiemment tissés avec eux. A chaque fois, une nouvelle région. Et tout au long de l’année, les rares moments où il peut se le permettre il sillonne les routes des vins.

Didier a compris dès le départ que la seule activité de caviste ne pourrait pas lui permettre d’en vivre dans les premières années, le temps de mettre en place des échanges de confiance avec les vignerons pour sécuriser les approvisionnements de vin, mais également acquérir une clientèle suffisamment locale et pérenne. Raison pour laquelle il a également créé la partie "bar à vin", ce qui lui permet d’avoir une double activité dans les mêmes murs. Et cela fonctionne plutôt très bien.

Cave d’affinage

Il propose des produits simples comme des planchas de charcuteries du Pays Basque notamment, des jambons, saucissons et autres merveilles du terroir du sud-ouest. Rien de bien compliqué mais uniquement des produits de grande qualité pour passer de bons moments entre amis au moment de l’apéritif. Il affine également quelques fromages qu’il propose à la carte. Bref, du bon, du local, les recettes d’une belle soirée lorsqu’on pousse la porte de la cave Arno.

Le vin de parking

Mais ce lieu ne serait pas tout à fait aussi original si au moment de terminer ma visite à la cave Arno, Didier m’explique le plus naturellement possible qu’il fait aussi du vin. Mes yeux brillent alors que je m’apprêtais à remonter sur ma moto. Persuadé qu’il a des vignes ou même une propriété à son nom, il sourit et le plus sérieusement du monde, il me montre sa dizaine de rangs soigneusement entretenus, plantés devant ma monture sur le parking de la cave. Voilà le concept de vin de parking créé ! Aux oubliettes le vin de garage. C’est bien entendu une petite anecdote qui partait à la base d’une simple idée de décoration puis il a bien fallu vendanger pour entretenir ces beaux ceps. Et voilà les raisins à peine écrasés remplissent une dame-jeanne posée sur le comptoir avec un système maison pour mettre sous vide le jus en fermentation pendant plusieurs mois. Une mini cuvée annuelle d’environ 4 litres tout de même ! Beau rendement.

Bien entendu il ne peut pas vendre ce vin et le destine uniquement à la dégustation amicale avec les clients ou ses amis. Cela reste anecdotique mais il n’empêche qu’il a inventé le vin de parking. Un petit plus qui fait qu’on a envie de retourner déguster ses vins autour d’une bonne planche de charcuteries avec ses meilleurs amis.

Publié , par God Bless Bacchus