Les vins du désert de Gobi

Les vins du désert de Gobi

Difficile d’imaginer la vigne pousser dans le désert. Et pourtant, c’est dans ce cadre surprenant, tout à l’ouest de la Chine et à la frontière de la Mongolie, que l’on trouve des vins à nul autre pareil. Le désert de Gobi, qui oscille entre aridité et gel en fonction des saisons, promet aux voyageurs de passage une expérience œnotouristique unique au monde.

Sur cette terre de contraste, la pluie se fait particulièrement rare. Elle incarne le territoire le plus continental de la planète avec ses quelques 2500 kilomètres la séparant du rivage maritime le plus proche. Enfin, les conditions météorologiques y sont extrêmes, avec, en hiver, des températures entre -20 et -30°C.

Un vignoble plus ancien qu’il n’y paraît

Et pourtant il s’agit ici d’un vignoble historique, les locaux ayant mis en place un système d’irrigation très tôt. Cependant, ce n’est qu’en 1949 que la Chine constate l’ampleur de ces installations, lorsqu’elle annexe le Turkestan. Elle y découvre alors tout un réseau servant à conduire l’eau des montagnes Tian Shan vers les oasis de la route de la Soie, ainsi que des vignes présentes depuis des siècles.

Enthousiasmé par cette révélation, Pékin décide alors d’en faire un vignoble digne de ce nom. C’est ainsi que dès 1980 les plus grands cépages internationaux y sont plantés tels que le Merlot, le Chardonnay, le Cabernet Sauvignon, le Riesling, la Syrah, ou encore le Chenin Blanc. A cela s’ajoutent des variétés locales moins connues chez nous, parmi lesquelles le Beichun et le Shabulawe.

Une viticulture adaptée

Mais un tel vignoble ne peut être maintenu sans de nombreuses décisions stratégiques. La première d’entre elles est d’inonder les vignes six à dix fois par an grâce à des fossés, afin de remplacer cette pluie qui manque tant. Autre obstacle de taille, le gel qui sévit chaque hiver. A l’image des agriculteurs de la région et des viticulteurs installés dans les pays nordiques (Norvège ou Danemark par exemple), les vignes sont enterrées pour y remédier. Après chaque vendange, les vignerons se pressent pour tailler et plier avant de creuser des sillons et d’enfouir leurs pieds de vigne. Dans certaines régions, il suffit toutefois de les emmitoufler dans d’épaisses couvertures. Des techniques singulières qui ont l’avantage, en plus de protéger la vigne, d’offrir des paysages absolument insolites.

Une mosaïque de crus

Avec le désert de Gobi, la Chine s’est lancé le pari fou de produire des vins d’exception dans un environnement hostile et a attiré des investisseurs venus des quatre coins de la planète. Des crus minimalistes et naturels pour certains, complexes et racés pour d’autres, chacun y trouve son terroir de prédilection. Tous y apprécient l’ensoleillement incroyable, les conditions sanitaires parfaites, l’amplitude des températures et la richesse des sols.