Les femmes et le vin : 3 idées reçues
Les femmes et le vin : 3 idées reçues
Publié le jeudi 08 mars 2018

Les femmes et le vin : 3 idées reçues

Sommelières, œnologues, viticultrices, amatrices…les femmes sont de plus en plus nombreuses à exercer et revendiquer leur passion pour ce magnifique produit qu'est le vin. Mais si, de manière générale, les mentalités changent, il y a toujours quelques clichés qui perdurent.

Retrouvez l'article Toutlevin sur le parcours de trois femmes d'exception qui ont laissé leur empreinte dans le milieu du vin…et du Cognac.

Les femmes préfèrent le blanc (et le rosé)

Parce que comparé au vin rouge, le vin blanc est moins complexe, plus léger, délicat…plus féminin. Non. Rien ne va dans cette phrase. Pour commencer, il existe de très grands vins blancs structurés offrant une explosion de saveurs en bouche qui n'ont pas à être intimidés par leurs homologues rouges. Et à l'inverse, certains rouges misent sur la légèreté, le fruit et la jeunesse. Autrement dit, une seule petite phrase ne peut pas résumer l'infinie diversité du monde du vin. Et il en est de même pour le genre humain.
Qu'est-ce qu'un vin féminin ? Apparemment, une petite chose fragile et délicate qui fuit le bois et recherche uniquement la subtilité. Les femmes seraient donc condamnées à ces flacons, tandis que les hommes, les vrais, n'auraient droit qu'aux rouges puissants. Or, la réalité est bien plus nuancée. Chaque personne a des préférences qui lui sont propres, qu'importe son sexe. Moi, par exemple, j'aime autant les liquoreux que les rouges de caractère à base de Malbec ou de Tannat. Ma kryptonite ? Les vins blancs oxydatifs comme le vin jaune ou le xérès. Pourquoi ? Parce que les goûts et les couleurs, ça ne se maitrise pas et ça ne s'explique pas vraiment.

Au restaurant, les femmes ne dégustent pas

À chaque fois que le serveur s'approche de votre table, bouteille à la main, pour que vous puissiez enfin goûter le cru que vous avez choisi, vous savez déjà que c'est monsieur qui aura certainement droit à la première gorgée. Juste une tradition ? Pas exactement. Cette coutume sous-entend surtout que le choix du vin est un rôle dédié au père de famille, à l'homme, à celui qui prend les décisions. Mais devinez quoi :
1 : 65% des acheteurs de vin en France sont des femmes
2 : Nous pouvons être des expertes en vin au même titre que les hommes
3 : Et finalement, pas besoin d'en être un (d'expert) pour définir si ce vin vous plaît et si vous voulez qu'il vous accompagne tout au long du repas
Cependant, comme je ne suis pas trop de mauvaise foi, je noterai quand même que le nombre de serveurs demandant poliment Qui déguste ? est croissant.

Le monde du vin est essentiellement masculin

Non. Enfin si un peu mais ça va mieux. On pourrait arguer qu'il y a une évolution de la filière en mettant en avant le fait qu'un tiers des œnologues sont des femmes, tout comme plus de 30% des chefs d'exploitation viticole. Le tiers, chiffre emblématique des relations professionnelles hommes/femmes. Certes, les choses changent mais soyons honnêtes, nous sommes fatiguées de ne toujours représenter qu'un petit tiers dans la plupart des sondages. Un tiers ce n'est pas franchement l'égalité et c'est presque la différence de salaire existant avec nos collègues masculins.
Maintenant que tout cela a été dit, nous pouvons nous concentrer sur le mieux. Premièrement, saviez-vous qu'aujourd'hui 50% des promotions d'œnologues sont constituées de femmes ? Idem en sommellerie, où le genre féminin représente la moitié des élèves. Et alors que les femmes ont longtemps été cantonnées aux fonctions administratives, elles sont de plus en plus à s'illustrer à la vigne et au chai. En atteste le mouvement Women do Wine, une association internationale de femmes liées par la passion du vin. Elle vise notamment à mettre en lumière les femmes du vin médiatiquement et, sur le long terme, à soutenir et encourager des initiatives féminines.

En bref : Mixité, égalité, santé !