D'où vient le prix d'une bouteille de vin ?

D'où vient le prix d'une bouteille de vin ?

Il y a des bouteilles à 2 euros dans les linéaires des grandes surfaces quand d’autres atteignent plusieurs dizaines de milliers d’euros chez les cavistes de haut vol. Quels sont les facteurs qui déterminent un tel écart ? D’où vient le prix d’une bouteille de vin ?

Le prix d’une bouteille de vin dépend de son coût de revient

Le coût de revient se calcule en prenant en compte tous les paramètres qui coûtent de l’argent pour la production de la bouteille en question. On peut les diviser en trois catégories.

Le coût des raisins

L’amortissement de la plantation, les frais de conduite du vignoble (taille, entretien des sols, travaux en vert, traitements phytosanitaires...) et des vendanges. Les charges du personnel représentent une part importante de ce montant. Les vignobles ne permettant pas (ou peu) de mécanisation, par exemple à cause de leur topographie pentue (Savoie, Collioure, Côte-Rôtie...), ont des coûts de revient bien plus importants.

Le coût de la vinification et de la mise en bouteille

Amortissement du matériel, produits œnologiques, frais d’analyses, barriques, matières sèches (bouteilles, bouchons, étiquettes...), charges du personnel.

Le coût de la commercialisation

Les dépenses liées à la participation à des salons, à la communication et au marketing.

A noter que, plus les rendements sont élevés, plus une cave produit d’hectolitres, et plus ces coûts fixent se voient amoindris. On appelle cela l’économie d’échelle.

Il dépend du prix que le consommateur est prêt à payer

Plusieurs facteurs non mathématiques, plus ou moins sympathiques, entrent aussi dans la danse des prix.

Le prix d’un hectare de vigne sur la Côte des Blancs en Champagne, ou dans les grands crus de Bourgogne ou de Bordeaux, n’est pas comparable à celui de vignobles moins prestigieux du Languedoc ou de la Loire. Il en est de même pour le prix d’une bouteille !

A quoi est due la notoriété d’une appellation ? A la qualité exceptionnelle des terroirs (quid des débats houleux sur la délimitation des aires des appellations...), à de somptueux châteaux chargés d’histoire, à des savoir-faire ancestraux, à la rareté de ses flacons ?

Le jeu de l’offre et de la demande n’épargne pas le monde du vin. Les vignobles de niche, les cuvées en édition limitée, les millésimes les mieux notés (voir notre article Qu’est-ce que l’effet millésime ?), voient leurs prix s’envoler.

L’intouchable Romanée-Conti en Bourgogne a été récemment détrônée par le bordelais Liber Pater avec une bouteille à 30000 euros, du réputé millésime 2015, à seulement 500 exemplaires, qui serait issue de cépages autochtones rares (voir notre article Qu'est-ce qu'un cépage autochtone ?) datant de l’époque préphylloxérique.

Et vous, quel prix seriez-vous prêt à mettre pour une bouteille de vin ?