Comprendre les vins végan avec Claire Brachet

Comprendre les vins végan avec Claire Brachet

Claire Brachet a une activité de traiteur 100% végétal, bio, locale et de saison. Elle travaille avec des vins natures, sans intrants. Elle fait du conseil, de la création de cartes et de caves pour des restaurants. Également organisatrice d’événements, elle est en train de lancer le premier œnotour végan en France.
En 2017, Claire Brachet a écrit le livre : Le Guide Brachet des vins vegan et vegetaliens sans aucun produit d’origine animal ajouté pendant le processus de fabrication, aux éditions la plage.

Guide Brachet des vins vegan et végétaliens, éditions la placeSource : laplage.fr
Guide Brachet des vins vegan et végétaliens, éditions la placeSource : laplage.fr

Une lecture intéressante pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qu’est un vin sans intrants et comment accorder les vins avec une cuisine végétale.
Elle est d’abord partie d’un processus personnel d’avoir une alimentation végétale qui l’a emmenée après à voir comment elle pouvait accorder son alimentation avec les vins. Pour rester en accord avec ses valeurs qui sont de ne pas utiliser de produits d’origine animale.
En observant ce qu’il se faisait dans la culture des accords mets et vins, les légumes étaient très peu représentés voir absents des recettes. Elle a commencé à travailler dessus.

Soline Bossis : Pourquoi écrire un livre sur les vins végans et végétaliens ?

Claire Brachet : Mon travail aujourd’hui ne s’apparente pas du tout à la question des vins végans et végétaliens. J’ai une activité beaucoup plus large autour de la cuisine végétale et de son rapport au vin. Mon point d’entrée a vraiment été de me demander : qu’est-ce qui se passe quand on change d’alimentation ou qu’on a envie de diversifier son alimentation pour l’adapter au contexte très français où le vin est toujours très présent ?
Quand on parle de gastronomie et de convivialité, on se rend compte qu’on est encore dans une vision très classique vin rouge = viande et vin blanc = poisson.
Finalement, même si on n’est pas végétarien ou végétalien, notre alimentation ne se limite pas qu'à ça non plus. On peut essayer de diversifier ses repas.

SB : Qu’est-ce qui t’as motivée à écrire ce livre ?

CB : Ce qui m’a motivée c’est de faire se rencontrer le monde du vin et le monde végétalien qui en France sont deux univers qui ont du mal à se parler. Même si les végétaliens consomment moins d’alcool que le reste de la population et que le monde du vin est un monde culturellement très carné.
Mon travail est vraiment au point de rencontre entre la culture œnologique française et le développement de nouvelles cuisines avec l’envie de montrer que la cuisine végétale peut-être vraiment conviviale et s’inclure complètement dans la gastronomie française. Et qu’on n’est pas obligé de boire des smoothies quand on est végétalien.
Ça permet aussi d’emmener le vin vers des accords et des saveurs nouvelles, parce qu’en conséquence je lui permets de rencontrer des saveurs moins classiques. Et de se rendre compte qu’il peut se marier avec des saveurs végétales.

SB : Pourquoi se concentrer que sur les vins végans ?

CB : Mon interrogation était plus pourquoi on ajoute autant de choses dans le vin ? Et plus spécifiquement des produits d’origine animale. Le livre parle principalement de vins sans intrants, point barre. Que ce soit d’origine animale ou pas. Ça c’est mon choix, je trouve que derrière ça dit quelque chose du rapport à l’environnement, du rapport aux pratiques culturales qui correspondent plus à mon éthique personnelle. De se dire que c’est quelqu’un qui a fait un vin juste avec son raisin. Et il se trouve que ça fait écho avec la problématique végan.

SB : Est-ce qu’il faut être bio pour être un vin végan ?

CB : Non ça marche dans les deux sens, tout ce qui est bio n’est pas végan et tout ce qui est végan n’est pas bio (voir notre article : Le vin vegan : explications). Les labels végan actuels ne sont pas contraignants en termes de pratiques bio, il n’est pas obligatoire d’être certifié bio pour être végan. Même si certains comme le label V, de l’association végétarienne de France encouragent fortement leurs adhérents à aller vers une pratique bio. Et il y a le label EVE VEGAN qui a 4 critères et le dernier critère est d’être labelisé en agriculture biovégétale.

SB : Est-ce qu’un vin en biodynamie peut-être végan ? Comment faire quand on utilise de la corne de bouse ?

CB : Oui on peut être végan et utiliser de la corne de bouse, puisque les critères des labels se font au niveau des intrants dans le vin.

SB : Qu’est-ce qu’un vigneron peut mettre dans son vin qui soit d’origine animale ?

CB : Du blanc d’œuf, de la colle de poisson, de l’albumine, (qui vient du blanc d’œuf), de la gélatine.

SB : Est-ce que la mouvance des vins natures qui tend à ne pas filtrer les vins va dans le sens des vins végan ?

Oui tout à fait les vins natures entrent d’emblée dans tous les critères puisque ce sont des vins sans intrant. Ce sont vraiment des vins pur raisin.

SB : Quelles seraient tes suggestions d’accords mets et vin dans un bar à vin végétalien si on enlevait les assiettes de charcuteries et fromage ?

CB : Déjà on oublie les bâtonnets de carottes et les tomates cerises. Ce qui marche très bien c’est le houmous, les falafels, les tartinades en conserve, goût poivron, tomates. Ensuite taboulé, rouleaux de printemps végé, les samoussas.

Pour plus d’idées de recettes allez voir notre article : nos astuces pour intégrer une cuisine vegan dans votre alimentation.

Si vous êtes végans et que vous voyez un vin nature mais qu’il n’y a pas de logo végan, vous pouvez vous dire que le vin est produit avec une démarche qui va respecter le vivant de manière générale donc ne va pas utiliser de colle d’origine animale.

Claire Brachet - Source : guidebrachet.com
Claire Brachet - Source : guidebrachet.com