Zoom sur le métier de chef de Culture
Zoom sur le métier de chef de Culture
Publié le jeudi 11 mai 2017

Zoom sur le métier de chef de Culture

Vous savez tous ce qu'est un chef…. Un chef a toujours raison ! C'est la définition du CHEFFFF !! Mais chef de quoi ? De culture ?? C'est la personne en charge de la gestion du vignoble : du jeune plant jusqu'au vieux ceps. Il est le lien entre la terre, la plante et les hommes. Il travaille de concert avec le maître de chai pendant la période des vendanges.

First : La plantation sans "se planter"

Le champ est libre ! On plante ! Mais comment faut-il procéder ? Pas de panique, une petite étude de sol s'impose. Une fois les résultats obtenus, le chef de culture pourra choisir le porte greffe (future partie racinaire) le plus adapté, quant au greffon il correspond au cépage. Mon tout forme le pied de vigne, qui sera mis en terre avec un tuteur après un bon labour. Attention si la terre est carencée, il faudra au préalable apporter tous les éléments nutritifs indispensables au bon enracinement du jeune plant.

La parcelle peut être ensuite palissée ou pas, en fonction notamment du port du cépage. Le palissage est le fait de maintenir la végétation en rang, comme une sorte de haie. Cela simplifie grandement le passage des engins mécaniques. Le chef de culture gère l'ensemble du chantier : l'achat des fournitures (piquets, fils…) et l'organisation du travail avec son équipe.

Au bout de 3 ans de soins attentifs, les premiers fruits apparaissant. C'est moins rapide que les fraises !

Puis, la vigne se cultive pendant des dizaines d'années

Le chef de culture orchestre chaque année trois grandes phases intimement liés au cycle végétatif.

En hiver, c'est la taille, cette opération a pour but le maintien de la forme de la souche et la maitrise de la future récolte en limitant le nombre de bourgeons. Il existe différentes sortes de taille en fonction du cépage et de la région viticole (guyot, cordon, gobelet….)

Au printemps, il faut définir le programme phytosanitaire. Les tractoristes sont dans les starting block. Mais comme pour les antibiotiques rien n'est systématique !! Pas de précipitations = pas de précipitation. Autrement dit, temps que les dieux du ciel le permettent et que les maladies ne pointent pas leur nez, il n'y a pas de raison de pulvériser des produits. Les hommes de terrain ont aussi la tâche de maintenir le feuillage de la vigne propre grâce à différentes opérations : l'épamprage, le rognage, l'effeuillage. Il faut également éviter que les herbes folles deviennent envahissantes. Le travail mécanique du sol, c'est-à-dire un labour superficiel permet de contenir la poussée des adventices. Sinon, l'enherbement peut être une solution dans certains cas.

La floraison est une période cruciale, car là aussi la météo, notamment si elle est pluvieuse, peut avoir des conséquences néfastes. Celles-ci peuvent être directes en provoquant des malformations du futur grain de raisin comme la coulure et le millerandage. L'excès d'humidité ambiante est aussi propice au développement de maladie directement sur la grappe comme le mildiou. Après la fermeture de la grappe, lorsque les raisins verts sont suffisamment développés, le chef de culture peut partir en vacances en attendant l'ouverture du banc des vendanges !

Bref ce n'est pas un métier facile ! Cela demande une bonne gestion des parcelles sur l'année avec une réactivité accrue selon les épisodes météorologiques, mais aussi une vision globale du vignoble pour la coordination des arrachages et replantations.