Vins rosés, halte aux préjugés !
Publié le vendredi 19 mai 2017

Vins rosés, halte aux préjugés !

Après avoir été boudés pendant de longues années, les vins rosés tiennent aujourd'hui le haut du pavé, non sans quelques préjugés...

Ce ne sont pas de vrais vins

Que nenni, les rosés sont bel et bien de vrais vins, issus des mêmes cépages que les vins rouges, tout est une question de vinification...

En effet, les pigments naturels responsables de la couleur rouge (les anthocyanes) sont situés dans la peau des baies de raisin. Si ces pellicules restent peu de temps en contact avec le jus, l'extraction de la couleur se fait avec parcimonie et l'on obtient des vins à la couleur rosée.

Ce sont uniquement des vins d'été

Depuis 2002, la consommation mondiale de rosés a connu une augmentation de 30%. Elle représente 10,7 % de la consommation des vins tranquilles (source FranceAgriMer). Ces vins sont à la mode, mais pas n'importe quand, ni comment...

Ils sont principalement consommés en été, à l'apéritif, et c'est bien dommage ! Il ne faut pas oublier que la France a la chance de posséder une grande diversité de vins rosés.

Certains, que l'on dit technologiques (voir billet Vins de terroirs versus vins technologiques ?), sont à consommer bien frais, donc plus propices à l'été. Ils explosent d'arômes au nez, leur bouche est légère, rafraîchissante.

D'autres, s'expriment avec finesse. Afin qu'ils révèlent tous les parfums de leurs cépages et de leurs terroirs, ils ne doivent pas être dégustés trop frais (8-10°C). Des cuvées parfaites pour un apéritif dinatoire, tout au long de l'année.

Quelques-uns sont de véritables vins de gastronomie. Ils permettent d'ouvrir d'autres horizons, pour des accords mets et vins où blancs et rouges n'auraient pas été à la hauteur. Ils sont complexes, à la bouche ample et savoureuse.

Ce ne sont pas des vins de garde

Il est vrai que la majorité des rosés présente une garde limitée (de 1 à 2 ans). Cependant, il ne faut surtout pas en faire une généralité !

La Provence élabore des rosés de garde depuis la nuit des temps. Aujourd'hui, d'autres appellations sont séduites par ce potentiel.

Un rosé de garde est réalisé comme un blanc de garde, mais à partir de cépages rouges. Les raisins sont vendangés à une maturité plus avancée, les vins sont élevés sur lies fines, et même parfois en fûts de chêne.

Trois rosés de garde, millésimés :

Rosine, Château Fabre Gasparets, 2015, AOP Corbières

Une friandise (gelée de groseille, abricot, caramel), à la bouche charnue et minérale.

Divine, Domaine de la Bastide Neuve, 2014, AOP Côtes de Provence

Un grand vin de gastronomie, d'une intensité et d'une complexité rare (cire d'abeille, curry, abricot sec).

Estandon Légende, 2014, AOP Côtes de Provence

Un vin d'exception. Un nez gourmand (praline, griotte), une bouche ronde, qui n'a pas pris une ride, à dédier à la table.

Halte aux préjugés, à chaque type de vin rosé son moment de consommation privilégié !