Vins belges : les pépites du plat pays

Vins belges : les pépites du plat pays

Parfois, il est bon de ne pas prendre de la hauteur, mais de se perdre en plaine. Les vignes belges s’épanouissent entre zones de plain-pied et doux coteaux, dans les deux régions qui la composent : la Wallonie et la (ou les) Flandre(s).

Francophones et néerlandophones sont unis sur le front de la viticulture et s’attachent à mettre à profit leur terroir et leur histoire viticole, pour produire des cuvées qualitatives qui se font un plaisir de se positionner sur toutes les tables : de celles qui accueillent les légendaires chopines de bière avant un agréable verre de vin, à celles qui ornent les restaurants étoilés du pays, avec des vins mousseux qui prennent la première position de nombreux concours internationaux.

Une histoire tardive mais ancienne

Pour une fois, nous ne commencerons pas à traiter de l’histoire d’un vignoble en énonçant que ce sont les romains qui furent les premiers à planter des vignes dans les confins de leur empire.
En revanche, difficile d’éviter l’une des grandes tendances en matière d’histoire viticole : ce sont les moines qui décidèrent de s’adonner à la viticulture dès le 10ème siècle.
Puis vinrent les famines : celles du moyen-âge, puis celles du petit âge glaciaire au 17ème siècle, entraînant la reconversion des vignes en champs de blé afin de pouvoir nourrir la population.
Depuis les années 60, c’est l’inverse : la Belgique voit ses surfaces viticoles augmenter, passant de 75 hectares en 2006 à 587 hectares en 2020.
Après une histoire faite de hauts et de bas, la viticulture reprend sa place, avec une répartition entre les provinces qui évoluent, mais pour l’heure la Flandre compte plus de producteurs que la Wallonie, qui pourtant produit 10% de plus en volume, dont 61% de mousseux, contre 21% en Flandre.

Un climat encore septentrional, mais pour combien de temps ?

A l’image d’autres pays du nord de l’Europe qui reviennent ou se mettent à la viticulture, la Belgique bénéfice de températures plus clémentes que par le passé. Ainsi, en prenant la moyenne du changement climatique qui, schématiquement, décale une ligne imaginaire d’environ 200 kms au nord dès lors que la température augmente d’un degré, le sud de la Belgique est aujourd’hui soumis à un climat proche de celui de la Champagne 50 ans auparavant.

Ayant des sols calcaires et crayeux sur certains de ses terroirs et des reliefs aussi doux que ceux de la Champagne, pas étonnant que certains Champenois se soient investis dans la viticulture belge et la production de mousseux wallons.
Chardonnay et pinots s’épanouissent sur les coteaux de la haute et moyenne Belgique, produisant des vins effervescents selon la méthode traditionnelle qui vont jusqu’à rafler la mise à des champagnes lors de concours internationaux.
Il en est ainsi du domaine Ruffus (crée par Raymond Leroy avec le champenois Thierry Gobillard) qui a décroché l’or en 2008 et en 2019 au Concours Mondial du Vin, en 2013 aux Effervescents du monde et en 2021 aux Chardonnay du Monde.
Même réussite au domaine du Chant d’Eole, avec sa cuvée prestige 2014 brut blanc de blancs qui s’est placée devant 200 champagnes lors du Concours mondial de Bruxelles, pour ses qualités de rondeur, de fraîcheur et de vivacité, mettant fin à 26 éditions remportées par les français, et contribuant à faire passer la Belgique d’amateurs du vin à grand professionnels.
Comme un écho à la touche d’humour introductive des vidéos de présentation de domaine wallons, rappelant que la viticulture wallone, ça se passe près de chez vous.

Anatomie d’un renouveau

Aux côtés des cépages champenois poussent des cépages interspécifiques et typiquement septentrionaux, capables de résister au climat pas encore tout à fait sudiste : phoenix, müller-thurgau, bronner, merzling, hélios, johanniter, solaris, pinot gris et blanc, muscat, riesling en blanc, régent, gamay, merlot, cabernet jura, cabernet noir, dornfelder, rondo, cabertin en rouge.
34 cépages au total se répartissent sur le territoire belge, ainsi que 6 AOP et IGP.
Côté Wallonie, ce sont les AOP Côtes de Sambre et Meuse, l’IGP Vin de pays des jardins de Wallonie et le Crémant de Wallonie. Et côté Flandre : Hagelandsewijn, Haspengouwsewijn et Heuvellandsewijn.

Tour d’horizon

Les bars à vins et restaurants, gastronomiques ou non, dans lesquels vous pouvez déguster les vins belges maillent l’ensemble du pays.
A Anvers, c’est au bar à vin dédié Belgian Wines que nous avons pu en découvrir une partie, notamment flamande.

Le Müller-Thurgau de Kluisberg en AO Hagelandsewijn est parfait pour l’apéritif : fraîcheur, tension, fruits blancs et fruits exotiques réveillent le palais. Parfait pour enchaîner avec le mousseux Genoels elderen "zwarte parel", au nez élégant de fruits blancs et exotiques (ananas, melon, pamplemousse) et une bouche fruitée richement mousseuse à la fine acidité et très juteuse.
Côté rouge, la cuvée Benjamin du domaine Vigna issue de cabernet dorsa est aussi gourmande qu’équilibrée avec un boisé intégré et des fruits rouges éclatants.

Sans oublier la star flamande, le Clos d’Opleeuw, qui produit un chardonnay capable de créer la plus grande confusion avec des bourguignons à l’aveugle (y compris au niveau du prix, 48€ la bouteille), au point que la célèbre Jancis Robinson l’avait pris pour un Puligny-Montrachet très sophistiqué.

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Et si vous voulez twister votre voyage œnotouristique en Belgique, ne manquez pas le vignoble d’Herlaimont, planté sur un… terril !

Consultez les sites suivants pour davantage d'informations :
- vinsbelges.com
- www.vigneronsdewallonie.be

Publié , par Pauline Gonnet
Mise à jour effectuée