Tour du monde des vignobles : le Japon

Tour du monde des vignobles : le Japon

Entourée de mythes et légendes, la viticulture japonaise a pourtant des origines bien plus récentes qu'on ne pourrait le croire. Apparue au XIXème siècle, elle a été contrainte de s'adapter à la rudesse du climat et aux terres accidentées afin de délivrer une production de qualité. Car si son vignoble est encore méconnu, le Japon est définitivement une patrie d'œnophiles comptant une association de plusieurs milliers de sommeliers, un fait unique au monde.

Un vin à l'encontre des éléments

Si l'île principale d'Honshu est à la même latitude que la Méditerranée, c'est bien la seule chose qu'elles ont en commun. En effet, le climat japonais, réputé pour être extrême, n'est pas favorable à la viticulture. Entre hivers rigoureux dus aux vents venus de Sibérie et moussons de l'Océan Pacifique et de la mer du Japon, le pays est une terre de contrastes. Typhons, humidité et pluies diluviennes font ainsi partie du quotidien des viticulteurs de juin à octobre. Ils ont également effectué un travail minutieux de sélection des sols, en repérant les pentes douces adaptées à la vigne dans ces paysages de montagnes, reliefs escarpés et forêts luxuriantes.

Comme dans des vignobles historiques tels que la France ou l'Italie, les religieux ont joué un grand rôle dans l'expansion de la vigne au Japon. Ce sont les missionnaires bouddhistes qui ont étendu cette culture à d'autres régions, à une époque où elle se trouvait uniquement à la cour de Nara. On leur doit notamment l'implantation de ceps à Yamanashi, au pied du mont Fuji, un vignoble désormais incontournable. Si cela date du VIIIème siècle avant J-C, il faudra cependant attendre la fin du XIXème siècle pour voir apparaître une véritable industrie du vin, après avoir étudié les techniques européennes. Le pays compte aujourd'hui 230 propriétés viticoles.

Koshu, une histoire millénaire

Leurs cépages, eux, sont majoritairement originaires du nouveau monde, et plus précisément des États-Unis. On y trouve ainsi le Delaware et le Niagara, choisis pour leur robustesse et leur capacité à s'adapter aux conditions difficiles du climat nippon. Cependant, on a pu assister au fil des années à une montée en puissance des variétés locales. Aujourd'hui, alors que l'historique Kyoho n'a plus sa splendeur d'antan, le Muscat Bailey A et le Koshu sont devenus indispensables. Ce dernier, à l'origine inconnue, était un simple raisin de table ayant parcouru la route de la soie avant de prendre une toute autre dimension à l'ère Meiji. Selon les historiens, il aurait été importé pour ses vertus médicinales. Il est caractérisé par une peau rose et apprécie les sols volcaniques, après des années d'acclimatation. Les vins blancs fruités d'une grande délicatesse qu'il délivre sont emblématiques de l'archipel. À l'heure actuelle, rien ne signifie plus made in Japan dans le secteur viticole qu'un verre de Koshu.