Plantation de la vigne, comment choisir un cépage ?
Plantation de la vigne, comment choisir un cépage ?
Publié le lundi 26 mars 2018

Plantation de la vigne, comment choisir un cépage ?

La période de plantation de la vigne s'effectue, dans la grande majorité des vignobles, à la sortie de l'hiver et avant l'arrivée des chaleurs estivales. Quels sont les facteurs à prendre en compte afin de choisir le cépage idéal ?

Figurez-vous que ce n'est pas si facile que cela ! Le compagnon idéal doit répondre à plusieurs critères, certains très objectifs, d'autres plus subjectifs, afin d'assurer une relation où l'ensemble des partenaires s'épanouit...

Une décision lourde de conséquences quand on sait que la plantation d'une parcelle palissée coûte a minima 20 000 €/ha, qu'il faudra attendre au moins 3 ans avant la première vendange et que la durée de vie moyenne d'une vigne est de 30 à 50 ans.

Comment les vigneronnes et vignerons arrivent-ils à faire leur choix ?

En fonction du terroir

Le climat, la situation du terrain (altitude, exposition) et la nature du sol sont les facteurs clés. Un cépage doit avant tout être adapté à son environnement !
Par exemple, il faut éviter de planter du Mourvèdre, un cépage tardif donc difficile à mûrir, sur une zone fraîche et peu ensoleillée. Une variété productive est à privilégier sur des sols peu riches et peu profonds qui sauront réfréner son ardeur. Un cépage craignant la sécheresse nécessite un sol assurant une bonne gestion hydrique.

Il est donc essentiel de connaître les caractéristiques agronomiques des prétendants et de voir si elles sont compatibles avec la parcelle à renouveler.

Les conseillers viticoles (des Chambres d'Agriculture ou d'organismes privés) sont heureusement là pour guider les agriculteurs en effectuant un audit agronomique de plantation (fosses pédologiques, analyses de sol...).

En fonction des débouchés commerciaux

Après l'impartialité de la science, nous voilà face à la dure loi du marché ! Il ne s'agit pas de réussir uniquement à faire du vin, il faut ensuite pouvoir le vendre correctement afin d'assurer la pérennité de son exploitation.

Le choix du cépage est à réfléchir en fonction des objectifs de production tant en termes quantitatif que qualitatif. Un domaine qui souhaite augmenter ses volumes s'orientera vers des variétés à fort potentiel de production. Un château qui a pour vocation d'élaborer des vins de garde optera pour un cépage permettant d'obtenir des cuvées aptes au vieillissement.

Il est aussi à rationaliser selon l'encépagement en place et la gamme actuelle de vins. Quelles sont les vignes vieillissantes qu'il ne faudra pas tarder à renouveler ? Quels cépages planter afin de préserver l'offre de vins ou de la faire évoluer ?

Il est alors important de rester à l'écoute du marché et des tendances de consommation. Le boom du rosé a favorisé l'essor de cépages adaptés à sa production. L'intérêt vis à vis des cépages autochtones (voir billet Qu'est-ce qu'un cépage autochtone ?) a remis au goût du jour des variétés oubliées. La mode des apéritifs dînatoires, à la maison ou dans les bars à vins, favorise les vins gouleyants et faciles à accorder avec des mets variés.

En fonction de leur personnalité

Il ne faut pas oublier que ce métier est bien plus qu'une vocation. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.
Le choix d'un cépage se fait aussi selon les goûts des vigneronnes et vignerons, leurs expériences, leurs intuitions...

Quand on jette son dévolu sur un cépage, il est important d'être à l'écoute du marché, sans perdre de vue ses convictions et son terroir !