Les pesticides : le meilleur et parfois le pire
Les pesticides : le meilleur et parfois le pire
Publié le vendredi 05 janvier 2018

Les pesticides : le meilleur et parfois le pire

Le mot pesticide vient du latin pestis (fléau) et caedere (tuer). Ce terme générique recouvre toutes les substances actives qui agissent sur des organismes vivants, soit pour les contrôler, soit pour les détruire. Sa gamme comprend les insecticides (insectes), les fongicides (champignons), les herbicides (mauvaises herbes) et les parasiticides (parasites).

L'ère des grandes maladies

Pourquoi les détruire ? Dans l'histoire, le vignoble français a été victime de terribles fléaux : en 1846, un champignon, l'oïdium a détruit les récoltes, en 1863 un insecte, le phylloxera qui a fini par détruire le vignoble français puis européen, puis en 1878, un autre champignon, le mildiou, tous les trois venus des États-Unis. À chaque fois, il a fallu trouver la parade, le soufre contre l'oïdium, le greffage des plants de vigne contre le phylloxera, le cuivre contre le mildiou après de longs tâtonnements.
Ces fléaux se sont propagés d'autant plus vite que le vignoble français était largement passé en monoculture dès 1830 pour abaisser les coûts de production. Tous ces traitements, plus ou moins efficaces, prennent du temps, car il faut passer dans la vigne. L'évolution de la chimie a permis, au fur et à mesure, de rendre les produits de traitement à la fois plus performants et à plus large spectre.
Par ailleurs, pour beaucoup de ces maladies comme le mildiou et l'oïdium, il n'existe pas vraiment de traitements curatifs, mais uniquement préventifs. La tentation est alors forte de traiter en permanence lorsque le danger existe pour optimiser la récolte et surtout son rendement. S'ils ont servi à sauver bien des récoltes, les pesticides sont devenus incontournables pour de nombreux producteurs afin d'optimiser la rentabilité des propriétés.

Une véritable révolution agricole

L'utilisation de ces pesticides après la Seconde Guerre mondiale a permis une véritable révolution agricole et elle s'est largement banalisée, en particulier en France. Avec 17% des surfaces mondiales dédiées à la viticulture, la France utilise 50% des produits de traitements du monde. La viticulture en particulier utilise beaucoup de pesticides, beaucoup plus que les autres produits agricoles puisqu'elle utilise 20% des produits pour 3,7% des surfaces. À 80%, ces pesticides sont des fongicides pour lutter contre les champignons.

Les limites des pesticides

Pendant longtemps, l'utilisation des pesticides était apparue comme une véritable aubaine. Ainsi, plutôt que de labourer les vignes, l'utilisation d'un désherbage chimique est quatre fois moins chère et nettement moins pénible. Et de plus, le vignoble est impeccable, sans la moindre herbe.
Malheureureusement, tous les pesticides épandus ne remplissent pas uniquement leur fonction première et ils sont dispersés dans l'atmosphère, dans les sols et dans les eaux de ruissellement avec des effets secondaires sur la pollution et même les individus.
Comme les consommateurs sont de plus en plus sensibles à leur santé et à leur environnement, les pesticides commencent à avoir mauvaise presse, parfois à tort, parfois à raison.