Les cépages méconnus : le Len de l'el
Les cépages méconnus : le Len de l'el
Publié le jeudi 20 avril 2017

Les cépages méconnus : le Len de l'el

Après le Romorantin en Vallée de la Loire, continuons notre tour d'horizon des cépages trop souvent oubliés et arrêtons-nous à Gaillac. Situé dans le Sud-Ouest de la France, ce vignoble est l'un de nos plus anciens, comme en témoignent les traces d'amphores provenant de la commune de Montans. S'il a aujourd'hui acquis une bonne réputation, c'est notamment grâce au savoir-faire des moines bénédictins, également responsables de la construction de l'abbaye Saint-Michel en 972, laquelle abrite désormais la maison des vins de l'appellation.

Len de quoi ?

Si j'insiste autant sur l'histoire de Gaillac, c'est que ce vignoble, et surtout ses vignerons, ont toujours eu à cœur de préserver les cépages régionaux. En effet, cette appellation de Midi-Pyrénées possède un encépagement original particulièrement adapté au milieu naturel et résultat de sélections minutieuses au fil des générations. On y trouve ainsi, en plus du Len de l'el, le Mauzac et l'Ondenc pour les vins blancs. Les rouges, eux, bénéficient du Duras, du Fer, ou encore du Prunelard.

Si certains peuvent être retrouvés dans d'autres vignobles, le Len de l'el, lui, est resté typiquement gaillacois. Inconnu ailleurs, il interpelle cependant par son excellente aptitude à la surmaturation et son nom si particulier. Egalement appelé loin de l'œil, il est nommé ainsi car son raisin est éloigné du bourgeon (le fameux œil) en raison d'un long pédoncule.

Dans le verre

Eminemment adapté à la surmaturation, il trouve sa plus belle expression au travers de vins blancs doux. Cependant, on le trouve très fréquemment dans les blancs secs de la région, mais jamais en monocépage. Constamment associé au Mauzac ou à l'Ondenc, il donne des vins au nez discret et délicat, dominés par des arômes floraux et fruités. Des notes d'agrumes, de poires et de pommes, qui laissent place à une bouche très agréable, plus axée sur la souplesse que l'acidité.

Pour l'apprécier à son apogée, il faudra donc se tourner vers les vins liquoreux grâce auxquels il gagne beaucoup en richesse et en complexité. Il séduit alors par sa belle robe ambrée et ses fragrances de fruits confits, oscillant entre les écorces d'orange, le coing et les fruits exotiques. Onctueux et puissant en bouche, il impressionne souvent par sa concentration. Des cuvées magnifiques, qui augurent presque toujours un grand potentiel de garde.

Et on le boit avec…

Si vous optez pour la version blanc sec, misez sur des plats simples et conviviaux comme une terrine à base de poisson ou de légumes, ou encore des tartes salées. Il sera aussi idéal sur un poisson de rivière. Les liquoreux, eux, seront du meilleur effet sur un foie gras. Et si vous préférez les réserver pour le dessert, orientez-vous sur un délice fruité, et plus particulièrement les fruits exotiques.

Marie - Drink a Beat