Les cépages méconnus : le romorantin
Publié le mercredi 22 février 2017

Les cépages méconnus : le romorantin

Aujourd'hui, oublions les Chardonnays, Pinots Noirs et autres Merlots pour se concentrer sur un cépage plus confidentiel, le Romorantin. Cépage unique et exclusif de l'appellation Cour-Cheverny en Vallée de la Loire, il est à l'origine de magnifiques vins blancs secs, ainsi que de quelques rares cuvées issues de raisins récoltés en surmaturité.

Un peu d'histoire

Selon la légende ce serait François Ier qui, très attaché à sa résidence de Romorantin, aurait introduit quelques 80 000 plants de cépage venu de Bourgogne au 16ème siècle. Particulièrement épanoui dans cet environnement, il a finalement pris le nom de la ville. Une histoire singulière pour un cépage unique, qui s'est trouvé une terre d'accueil idéale dans cette région d'adoption. Il n'est d'ailleurs cultivé de manière significative dans aucun autre vignoble, que ce soit en France ou à travers le monde. Au fil des années, il est devenu l'un des fleurons du Val de Loire où il profite de sols sabloargileux et calcaires privilégiés.

Dans le verre

Le Romorantin incarne une véritable expérience de dégustation. En effet, sa robe jaune pâle aux nuances de paille laisse place à des fragrances discrètes au nez qui laissent deviner un bouquet aromatique d'une grande complexité. On passe des fleurs blanches, avec l'acacia, aux agrumes, avec le citron, à des notes de fruits jaunes comme la pêche, de miel et parfois même de la minéralité représentée par des touches de pierre à fusil. Toujours surprenant, il lui arrive aussi de délivrer des arômes de rhubarbe, d'épice et de menthe.

En bouche c'est son acidité qui impressionne, ainsi que sa fraicheur, qui peut parfois être tranchante. Particulièrement intense, ce cépage est caractérisé par un côté miellé qui s'accentue avec le temps. Plus la garde est longue, plus elle révèle du citron, de la cire, du pruneau et une douce oxydation. Les meilleures cuvées, amples et généreuses, sont réputées pour leur incroyable persistance.

Les moelleux de Romorantin, très rares, sont issus de vendanges surmûries récoltées tardivement. Cela se traduit en bouche par une texture très ronde et onctueuse et une mise en exergue de ses notes miellées.

Et on le boit avec…

De préférence du poisson et des fruits de mer. Langoustines, Saint-Jacques, poisson de rivière (à la crème ou fumé), poisson frit, saumon…autant de délices gustatifs qui s'accorderont à merveille avec ce type de vin. Pour les carnivores inconditionnels, on s'orientera plutôt vers de la viande blanche et pour les végétariens, on opte pour les asperges ou le fromage de chèvre. Enfin, si vous voulez pimenter un peu tout cela, vous pouvez aussi vous tourner vers des plats exotiques, surtout s'ils incluent du curry.

Marie - Drink a Beat