L'incroyable saga de la famille Guinness

L'incroyable saga de la famille Guinness

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Amours, gloire et beauté, et surtout beaucoup d’argent : voilà qui pourrait signer l’histoire de la saga familiale des Guinness.
Pour le drama, rendez-vous sur Netflix, où les effluves de la plus célèbre stout du monde parfument la narration de l’intimité de la famille, à grands renforts de fiction, indispensable pour épaissir une série malgré tout réaliste, mais dont la réalité est celle de beaucoup de familles ayant la main sur un empire économique depuis deux siècles.

Créativité, talent capitaliste, politique et cœur philanthrope caractérisent les générations Guinness, de 1759 à aujourd’hui.

L'entrée du Guinness Storehouse - Crédit photo : Pauline Gonnet
L'entrée du Guinness Storehouse - Crédit photo : Pauline Gonnet

Naissance de l'empire Guinness

Jeune, Arthur Guinness regardait son père Richard, intendant foncier de l’archevêque de Cashel, brasser la bière pour les ouvriers du domaine. En 1759, devenu adulte, il se lance dans l’entreprise brassicole, crée sa structure et sa première bière. Histoire de se souhaiter la bonne année avant l’heure, il a le flair de signer un bail le 31 décembre sur l’actuel site de la Guinness Storehouse, musée de la marque, pour une durée de 9 000 ans.

De quoi assurer autant ses arrières que l’avenir, mettre ses futurs héritiers à l’abri et dans des conditions favorables pour continuer le développement du business familial, et qui ont depuis racheté le bail ainsi que les bâtiments.

La Guinness, une boisson connue dans le monde entier - Crédit photo : Getty Images
La Guinness, une boisson connue dans le monde entier - Crédit photo : Getty Images

Naissance de la plus célèbre bière brune Guinness

Ce que voulait Arthur, ce n’était pas seulement brasser, mais créer.
Sa première bière est née du militantisme d’Arthur, qui souhaitait que tous les Irlandais aient accès à une bière de qualité, notamment pour éviter à ses compatriotes de tomber dans les affres du gin et autres spiritueux, qu’il trouvait trop abrutissant. Sa deuxième œuvre sera la création de celle qui aujourd’hui incarne Guinness, la stout (venant de l’anglais signifiant fort, corpulent, robuste) au goût marqué, puissant et complexe, issue d’un moût avec une teneur importante en grains hautement torréfiés, donnant un liquide rouge rubis foncé et non noir. Et qui s’est invitée dans de nombreux plats, tels que carbonades, tourtes et ragoûts.

La draught : une bière sans pareille - Crédit photo : Pauline Gonnet
La draught : une bière sans pareille - Crédit photo : Pauline Gonnet

Une histoire de famille, de capitalisme et de politique

Arthur s’éteint en 1803 après avoir jeté les bases de l’empire Guinness : créativité, flair entrepreneurial, et engagement social. Arthur II poursuivit les affaires paternelles en bon gestionnaire, puis Benjamin les fit prospérer par-delà les frontières, devenant l’homme le plus riche du pays. Il démarre en parallèle une carrière politique et poursuit l’engagement philanthropique du grand-père, avec notamment la restauration de la cathédrale Saint Patrick, évitant ainsi sa démolition.

Puis vint le temps de passer la main à deux de ses fils, les fameux Arthur et Edward, personnages principaux de la série Netflix.
C’est bien Edward qui prit le lead, à 29 ans, mais de manière moins drama que dans la série : il a simplement racheté la part de son frère, comme cela était prévu au testament.
Ce mélange de philanthropie, de politique (avec leur engagement à la Chambre des Lords) et de sens commercial ouvrit assez tôt les portes de l’anoblissement à la famille, captant ainsi l’attention de la couronne britannique (dont dépendait l’Irlande à l’époque). Benjamin fut anobli par le roi Georges IV, et une baronnie fut créé pour Edward.

La Guinness Storehouse vue de l'extérieur - Crédit photo : Pauline Gonnet
La Guinness Storehouse vue de l'extérieur - Crédit photo : Pauline Gonnet

Quand Ce que Netflix ajoute à l'histoire

Il y a dans les générations de Guinness autant de matière que dans une stout bien riche. Mais ce qui est intéressant, c’est que les Irlandais ne semblent pas autant charmés par la série que le reste du monde. Les liens entre Guinness et Angleterre sont certes forts et nombreux (la famille était en faveur du maintien de l’Irlande dans l’empire, et, fun fact, les Anglais sont ls premiers consommateurs mondiaux de la plus irlandaise des bières), mais un peu trop caricaturaux aux yeux des insulaires celtes, notamment lors des scènes avec les insurgés.

Susceptibilité patriotique ou non, la série a pris des DA et des libertés narratives assumées, telle que la création de la bière (qui n’est donc pas née d’un accident de brassage), les dispositions testamentaires de Benjamin, l’homosexualité présumée d’Arthur, et l’infidélité fictionnelle de l’épouse d’Arthur, tout comme son appât de gain, inexistant vu sa fortune personnelle.

La publicité Guinness dans les années 60 - Crédit photo : Pauline Gonnet
La publicité Guinness dans les années 60 - Crédit photo : Pauline Gonnet

World Guinness Book of records et succession moderne

De la fusion de Guinness avec le Grand Metropolitan (Smirnoff, J&B, Baileys etc), est né le groupe Diageo, numéro 1 mondial des spiritueux.

Pour autant, la famille n’a pas perdu sa vocation historique et patrimoniale, puisque Edward se séparât en 2023 de 400 biens tels que mobilier, robes de couronnement afin de financer la restauration de la demeure d’Elveden Hall, dans le Suffolk. Si d’ailleurs vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire familiale, Edward l’a publiée sous le titre A family succession.

A ajouter dans la bibliothèque au fameux Guinness World Book of records, né en 1954 de l’imagination du patron de la brasserie de l’époque, Hugo Beaver, qui n’en finissait plus de débattre au pub après une partie de chasse pour savoir si, oui ou non, le pluvier doré était le gibier à plumes le plus rapide d’Europe (sans doute afin d’expliquer dignement le fait qu’il l’avait copieusement raté au tir).

De l’impossibilité de trouver une réponse parmi toutes celles avancées est née l’idée d’officialiser tous les records possibles, afin de donner des épilogues officiels aux débats nocturnes qui agitent les pubs, autour d’une bonne stout, ou même désormais d’une Guinness blonde, et vegan depuis 2017, modernité oblige.


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