L'Alsace, berceau de la biodynamie
L'Alsace, berceau de la biodynamie
Publié le jeudi 05 avril 2018

L'Alsace, berceau de la biodynamie

La biodynamie, plus qu'une simple pratique viticole, une philosophie. Ce processus homéopathique qui vise à renforcer la plante et le sol dynamise la vigne et son environnement à l'aide de préparations élaborées avec des produits entièrement naturels. Des concoctions synonymes d'équilibre et de vitalité administrées en respectant le cycle des astres.

On compte désormais de nombreux domaines ayant succombé à cette méthodologie dans le vignoble alsacien. Parmi eux, Valentin Zusslin, Geschickt, François Baur, Jean-Baptiste Adam, Camille Braun ou encore Ginglinger. Zoom sur quatre viticulteurs biodynamiques aux profils uniques…

Domaine Eugène Meyer, le précurseur

1969 : Eugène Meyer, après une très grave intoxication engendrée par un insecticide, décide de convertir son domaine à la biodynamie. Lui qui a été guéri grâce à l'homéopathie veut appliquer le même traitement à ses vignes. Une révolution pour l'époque. Eugène se procure alors les rares ouvrages qu'il trouve sur le sujet et enchaine les expérimentations. Un pari payant puisqu'il finira par maitriser chaque procédé à la perfection.

Domaine Zind-Humbrecht, l'incontournable

Diplômé en ingénierie agricole en 1988, Olivier Humbrecht décide alors avec son père Léonard de fabriquer son propre compost. Malheureusement, le premier essai de mélange de marc de raisin et fumier s'avère non concluant. En effet, le fumier contenait de nombreux antibiotiques. Ils se rendent donc dans une ferme travaillant en biodynamie et sont conquis par les produits. La certification arrivera logiquement dix ans plus tard. Ce domaine alsacien qu'on ne présente plus et dont les crus étaient présents lors de l'investiture de Barack Obama est depuis devenu une figure emblématique de la biodynamie.

Pierre Frick, l'innovateur

Alors que son père travaillait en bio depuis 1970, Pierre Frick passe une étape supplémentaire en 1981 en se convertissant à la biodynamie. Très investi dans une expression naturelle du vin, le domaine mise sur des vendanges manuelles, l'utilisation de levures indigènes, évite le collage et la flash pasteurisation. Pour préserver cette pureté, il a abandonné dès 2002 le bouchon de liège au profit de la capsule en inox et propose des cuvées vinifiées et mises en bouteille sans ajout de sulfites.

Agathe Bursin, l'autodidacte

Une histoire atypique, comme le monde viticole les aime. Loin d'être issue d'une famille de vignerons, Agathe Bursin réussit à convaincre ses parents de l'importance de sa passion. Ces derniers lui offriront d'ailleurs un tracteur pour ses 18 ans. Suivent alors des études d'œnologie, l'acquisition de petites parcelles et la production d'une cuvée confidentielle qui construit sa réputation. Grande adepte de la vinification naturelle, elle n'a pas cherché à obtenir la certification en biodynamie mais en suit tous les principes, y compris le calendrier lunaire.

Loin de l'image d'illuminés qu'ils renvoyaient au début du mouvement, ces viticulteurs sont désormais écoutés, leurs fameux préparats relevant bien plus de la science que de la sorcellerie.

Colmar, capitale des Vins d'Alsace, accueille également la Maison de la Biodynamie.