Etes-vous un œnographile ?

Etes-vous un œnographile ?

Après la placomusophilie, je vous emmène découvrir une autre passion qui touche certains amateurs de vin : l’œnographilie. Aussi connue sous le nom d’œnosémiophilie, elle consiste tout simplement à collectionner les étiquettes de vin… un hobby bien plus complexe que l’on pourrait le penser.

Petite histoire des étiquettes de vin

Très anciennes les étiquettes de vin ? Pas forcément. En effet, les premières étiquettes de vin imprimées ne remontent qu’au XVIIIe siècle. Compliquées à réaliser, elles ont finalement pris leur envol au début du siècle suivant grâce à la lithographie. L’étiquette de vin est, comme tout autre moyen d’expression, un véritable témoin de son époque. Au fil des décennies, on peut voir dans la collection d’un œnographile les différentes tendances se succéder : art nouveau, art déco, mise en avant du château, puis du viticulteur, et enfin le style sobre, épuré et parfois décalé actuel. Face à cette démonstration culturelle, il paraît donc normal qu’une Association Nationale d’Œnographilie ait été créée.

Comment gérer sa collection ?

Un œnographile averti ne pourra certainement pas avoir bu chaque bouteille correspondant à ses précieuses étiquettes. Heureusement pour lui, il existe de nombreuses communautés, cette passion étant bien plus répandue qu’elle n’y paraît. Ainsi, des sites internet mettent en relation les œnographiles à travers le monde, pour que ceux-ci puissent échanger le fameux sésame. Mais ce n’est pas tout puisqu’ils se conseillent également sur la manière d’administrer au mieux sa collection.

On peut donc trouver des guides complets pour décoller son étiquette en la conservant intacte, qu’elle ait été appliquée avec de la colle ou qu’elle soit autoadhésive.
Des idées de classement aussi. Alors que la plupart choisissent de ranger par région, sous-région, appellation ou domaine, certains apprécient une organisation thématique : les étiquettes représentant divers types d’animaux, des monuments célèbres, des plantes particulières, des paysages singuliers, des références à la littérature, la musique… une liste non exhaustive qui varie selon les envies de chacun.

Les étiquettes artistiques

Bien loin du traditionnel château trônant au cœur de la bouteille, certaines propriétés misent sur des étiquettes originales qui pourraient avoir leur place dans une galerie ou un musée. Elles sont, bien entendu, très recherchées des œnographiles. Dans l’univers des grands crus, on pense tout de suite au Château Mouton Rothschild, qui propose chaque année une étiquette inédite en collaboration avec un artiste de renom.
Lucian Freud, Picasso, Braque, Salvador Dali ou encore Francis Bacon ont déjà fait montre de leur talent sur cette toile d’un autre genre. En Champagne, difficile d’ignorer le partenariat entre Taittinger et Roy Lichtenstein, figure emblématique du pop-art, et Perrier-Jouët est une ode à l’art nouveau à chaque nouvelle association. Et cela sans compter la myriade de domaines viticoles aux étiquettes plus originales et inspirées les unes que les autres.