Et si on parlait Primeurs 2016
Et si on parlait Primeurs 2016
Publié le vendredi 07 avril 2017

Et si on parlait Primeurs 2016

Cette semaine de Primeurs 2016 s'achève aujourd'hui sous un merveilleux soleil Girondin.

Elvire vous a expliqué vendredi dernier en quoi consistent les ventes en Primeur. Il est temps à présent de parler du millésime 2016 et de poser les tendances.

Avant toute chose il est important de revenir sur la notion de millésime.

Définition

Sur une étiquette, une mention n'est pas obligatoire : le millésime. En effet, il est tout à fait possible de faire un vin sans millésime. De nombreuses maisons de Champagne en proposent d'ailleurs. Dans ce cas-là, plusieurs vendanges seront assemblées pour produire un vin.

À Bordeaux, il est de tradition de faire des vins millésimés. Chaque Millésime a son caractère, sa tendance.

Pour produire un vin, trois éléments sont indispensables :

- le terroir = le sol

- le climat = le millésime

- l'homme = la technique

Le climat définit donc une tendance. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'on entend souvent dire C'est dans les « mauvais millésimes que l'on voit les grands vignerons ».

Retrouvez ici le tableau des millésimes :

• Caractéristiques 2016

2016 a été une année très stressante pour les viticulteurs Bordelais ; Beaucoup de pluie au Printemps (+25% de pluies sur la même période par rapport à la moyenne générale) et beaucoup de sècheresse sur l'été (-25% d'humidité par rapport à la moyenne générale). Même-si au global on peut se dire que ces deux ratios s'annulent, ces conditions ont beaucoup stressé la vigne (et le viticulteur par définition :-) ).

Les vendanges ont été relativement tardives (en octobre pour la plupart des rouges) afin de profiter des belles journées ensoleillées de Septembre. Relativement car c'est en fait une date de vendanges normale.

Un millésime prometteur

Que ce soit sur la rive gauche de Bordeaux, ou bien sur la droite, le millésime 2016 est vraiment prometteur.

Tous les vignerons bordelais s'accordent à dire que 2016 est une année exceptionnelle du point du vue qualitatif. Certes, vous dégustez les premiers jus pendant les primeurs comme nous avons eu l'occasion de le faire cette semaine, et vous trouverez sans doute le 2016 assez discret mais tout en rondeur et en finesse. C'est là que réside la force de ce millésime prometteur. Le 2016 ne s'annonce pas solaire comme le 2015 a pu l'être, à l'inverse il sera très voluptueux avec des tanins remarquablement fondus et une capacité à vieillir au-delà de ce que nous pourrions imaginer avec les millésimes précédents.

Comment pouvons-nous savoir tout ça avec simplement un petit aperçu des jus à peine mis en barrique ? Et bien c'est effectivement une projection que toute la vinisphère se doit de faire pour pouvoir ensuite décider du sort du millésime, propriété par propriété.

C'est là tout l'enjeu de ces primeurs qui sont décriés par certains mais dont le rituel permet de vendre sur la place de Bordeaux, à l'avance, une grosse partie des stocks et de faire de la trésorerie indispensable pour les châteaux, petits comme grands.

Si nous devions vous donner 3 mots clés du millésime 2016 ?

Velours, gourmand, rondeur.

Bien sûr cela n'est qu'une image à l'instant T mais ce sont clairement des sensations communes aux différentes appellations bordelais que nous avons dégusté durant cette longue semaine parsemée de nombreux événements au cœur des propriétés car les primeurs sont avant tout une fête où vignerons, négociants, journalistes et tous ceux qui participent à la vinosphère, se retrouvent pour partager leurs opinions sur le vin mais ce sont aussi des moments où des confidences se font sur le futur de certaines propriétés, sur la vision de tel ou tel maître de chai, sur les tendances de techniques agricoles… bref c'est une foire géante à l'échange et à la dégustation.

Vous retrouverez les premières bouteilles de ce millésime, en blanc, dans quelques semaines pour les vins qui ne vieillissent pas en barrique, quelques mois pour les autres (avant la fin de l'année pour les blancs en barrique et pas avant 1 à 2 ans pour les longues gardes des vins rouges (12 à 24mois).

Et ce seront au final les consommateurs qui pourront juger sur pièce si ce millésime est effectivement aussi grandiose qu'on l'annonce.