Château Montlabert et Primeurs 2016
Publié le mercredi 26 avril 2017

Château Montlabert et Primeurs 2016

Aujourd'hui je vous emmène visiter le Château Montlabert à Saint-Emilion dans les coulisses des primeurs.

Propriété de la famille Castel depuis 2008, le château est situé avantageusement sur la plaine de Saint-Emilion. Il profite d'un terroir alluvionnaire de bas de coteaux avec des couches d'argile en sous-sol permettant de garder la chaleur accumulée dans la journée et de conserver pendant les nuits fraîches un peu de douceur.

Comme j'ai pu le voir de plus en plus dans l'appellation, ici on laisse les rangs de vigne vivre à leur rythme, on y plante des céréales mais aussi des plantes et même des fleurs. Toute cette flore a un rôle dans le développement de la vigne. Certaines vont avoir un pouvoir drainant, d'autres à l'inverse et en fonction de la période de l'année, vont pousser l'eau vers la vigne. Certaines sont clairement des appâts à insectes, détournant ainsi les nuisibles de la précieuse vigne. Cela donne des rangs de vigne presque sauvages en fonction de l'époque de l'année.

Montlabert a cet avantage que je trouve important à mes yeux : toutes les parcelles (13hectares) de vigne sont immédiatement situées autour de la belle bâtisse que l'on nomme château. Tout est attenant. Je trouve cela très intéressant car on a la notion de terroir qui est concrète : le château puis les vignes autour. Ici comme dans l'appellation, le cépage roi est le merlot suivi du cabernet franc.

Et comme la famille Castel prépare une belle destinée à Montlabert, il a fait appel à un voisin pour s'occuper du conseil œnologique en la personne de Hubert de Boüard de Laforest, célèbre copropriétaire du Château Angélus.

Et dans le microcosme bordelais, se passe une sorte de rituel annuel depuis plusieurs dizaines voire centaines d'années : le moment des primeurs lors de la première semaine d'avril. C'est la période où les propriétés proposent à leurs négociants, courtiers mais aussi à la presse, de déguster ce qui n'est à mes yeux, pas encore un vin car les jus n'ont que quelques semaines de barrique mais qui préfigure de la qualité du produit final. (Retrouvez l'article qui explique les ventes en Primeur sur Toutlevin en cliquant ici)

Cette semaine des primeurs met le monde viticole bordelais dans une fièvre totale. Toutes les propriétés conséquentes reçoivent ou se regroupent, en fonction de leur appartenance à des syndicats viticoles, des appellations, des regroupements de propriétaires, etc… On peut aisément déguster les propriétés à travers toute la région et se faire ainsi un bel aperçu de ce que sera le millésime lorsqu'il sera sur le marché environ 2 ans après.

Lors de ma visite pendant la semaine des primeurs – visite totalement VIP je dois le confesser et dont j'ai pleinement profité- j'ai eu la chance de passer du temps avec le responsable de la propriété : Ludovic Hérault. Aussi sympathique que passionné par son travail, il a su nous donner un visage très simple et humain de cette belle propriété pourtant possédée par un immense groupe de vins et spiritueux. Ici tout est géré avec son frère et on sent que cette propriété est un peu leur bébé.

Suite à cela, j'ai pu déguster plusieurs Châteaux de la famille (ils en ont 19), avec le directeur technique des Châteaux et Domaines Castel, Patrick Bongard. Excellent moment en sa compagnie pour nous expliquer tout le potentiel des vins qu'il produit. Gros coup de cœur sur le millésime 2016 de Montlabert (ça tombe bien vous me direz…). Un millésime qui s'annonce, non pas solaire comme le 2015, mais tout en douceur, en finesse et avec néanmoins une belle puissance, adoucie dans les angles par un soyeux remarquable et surtout, quelle gourmandise ! Tout est sur le fruit et le croquant. Les tanins sont déjà bien intégrés malgré les quelques semaines de barrique. Cela s'annonce être un grand millésime de garde à long terme mais avec, je pense, une capacité assez forte à pouvoir se déguster dans les premières années de son vieillissement afin de pouvoir en profiter dans toutes les phases de sa vie.

Il faut savoir que ce millésime 2016 à Bordeaux a donné beaucoup de sueurs froides aux vignerons. Les 6 premiers mois ont été tellement pluvieux qu'on pensait déjà le 2016 joué d'avance et pas dans les meilleurs termes. Mais, la nature est si forte et capable de tant de mystères qu'elle a totalement chamboulé la seconde partie de l'année : une floraison miraculeuse et qualitative, des vendanges à la carte grâce à un climat de fin d'été particulièrement sain pour la maturité des grains. Les propriétés ont ainsi pu prendre le temps nécessaire (un luxe !) pour décider au mieux de vendanger non pas une parcelle mais certaines fois simplement quelques pieds de vigne afin de laisser les grappes pas totalement arrivées à leur pleine maturité, de terminer leur œuvre tout en tranquillité.

Vous pourrez retrouver le Château Montalbert 2016 sur votre table à partir du milieu d'année 2018. L'occasion d'en acheter en primeur !

God Bless bacchus