AOC ou IGP, quelles différences ?

AOC ou IGP, quelles différences ?

Cet article est dédié à tous les amateurs de vin facilement perdus devant les références de leur caviste et la hiérarchisation des crus français. En effet, notre beau pays a établi une organisation de ses vins par leur lieu d'origine. Il n'est cependant pas le seul, puisque ce type de système a également été adopté par d'autres pays producteurs historiques tels que l'Italie, l'Espagne et le Portugal. L'AOC et l'IGP sont les principales mentions que vous êtes susceptibles de retrouver dans l'hexagone, chacune avec son cahier des charges élaboré minutieusement par l'INAO (Institut National de l'Origine et de la Qualité, voir notre article L'INAO, qu'est-ce que c'est ?).

L'AOC, un profond rapport au terroir

L'AOC, ou Appellation d'Origine Contrôlée, a été mise en place dans les années 30. Une ancienneté qui en fait une dénomination historique et réputée. Basée sur ce qui est considéré comme l'ensemble de règles le plus strict des appellations françaises, elle est une fervente défenderesse des typicités régionales et des usages locaux. En effet, en plus de l'aire géographique délimitée que laisse deviner son nom, elle impose une sélection de cépages, les proportions de ces derniers dans l'assemblage, les rendements maximaux, le degré d'alcool minimum et maximum, le processus de vinification, les techniques de viticulture, ou encore les périodes d'élevage. Elle est donc la consécration d'un savoir-faire particulier.

Son pendant européen est l'AOP. Si cette réglementation plus récente vise une harmonisation de tous les états membres, chaque pays a pu conserver ses particularités pour éviter que les consommateurs ne soient confus. Un viticulteur doit donc obtenir l'AOC en premier lieu pour prétendre à cette reconnaissance.

L'IGP, un peu plus de flexibilité

D'abord utilisée pour d'autres produits de l'agroalimentaire, l'Indication Géographique Protégée a remplacé en 2009 la dénomination Vin de Pays. Son cahier des charges moins astreignant que l'AOC réunit des zones géographiques plus vastes et des règles plus souples concernant les cépages. Elle est avant tout une garantie de provenance. En France, on distingue de grandes zones de production ayant obtenu le statut d'IGP, on peut ainsi citer l'IGP Méditerranée qui s'étend sur 10 départements et l'IGP Comté Rhodanien qui en compte 9. Mais il est aussi important de noter qu'il existe une hiérarchie chez les IGP, on sépare les vastes zones citées précédemment des IGP dites de département. Les IGP Sud de France contiennent par exemple l'IGP Cité de Carcassonne, l'IGP Pays Cathare ou encore l'IGP Coteaux de Béziers.

Cependant, si elles garantissent que certaines pratiques ont été mises en œuvre, ces dénominations ne sont pas la seule référence en termes de qualité, elles sont simplement une indication. En témoignent les différents niveaux de qualité des vins au sein d'une même AOC. Il est désormais fréquent de voir des viticulteurs talentueux sortir des appellations pour produire des vins atypiques et s'affranchir des règles imposées, notamment concernant le choix des cépages. Ils produisent alors sous la dénomination la plus flexible de toutes : Vin de France.