Viticulture, comment raisonne-t-on l'enherbement de la vigne ?
Viticulture, comment raisonne-t-on l'enherbement de la vigne ?
Publié le lundi 13 mars 2017

Viticulture, comment raisonne-t-on l'enherbement de la vigne ?

En viticulture, l'herbe peut être un allié ou, a contrario, un ennemi. Quelles sont ses influences sur la culture de la vigne ? Comment raisonne-t-on l'enherbement ?

Une minute de concentration, et vous serez incollable sur le sujet...

L'herbe, un partenaire de la culture de la vigne

Qu'est-ce qu'elles sont belles les vignes en ce mois de mars. Même si les ceps sont encore nus, le sol est couvert de jolies fleurs blanches à l'accent bucolique.

L'enherbement est généralisé durant l'hiver, pendant le repos végétatif de la vigne. Il permet de tenir le sol en cas de fortes pluies (limitant ainsi l'érosion), d'améliorer sa structure (porosité, perméabilité), d'augmenter la vie biologique des sols (il est source de matière organique) et de favoriser la biodiversité.

L'herbe, un redoutable compétiteur

Quand la vigne se réveille, du débourrement jusqu'aux vendanges, l'herbe commence alors à concurrencer la plante. Et là, tout est une question de dosage !

Une concurrence maîtrisée aide à contrôler la vigueur et le rendement, favorisant la qualité globale des raisins.

En revanche, lors d'étés chauds et secs, l'enherbement peut conduire à des symptômes de stress hydriques préjudiciables à la quantité et la qualité de la récolte (chute des feuilles, blocage de la maturité).

En situations gélives, il accentue considérablement le risque de gelée de printemps.

Comment maîtrise-t-on l'enherbement de la vigne ?

L'enherbement de la vigne peut être naturel, ou semé. Le vigneron choisit alors les variétés les plus adaptées à son terroir et ses objectifs de production.

Quand celui-ci devient trop concurrentiel, il est possible de ralentir son développement par un travail du sol (tonte, décavaillonnage, labour...) ou un désherbage chimique.

En climat méditerranéen, il est très rare de voir des vignes enherbées en été. Alors que cette pratique est courante (enherbement total ou d'un rang sur deux) dans des régions plus humides comme le bordelais.

Le travail du sol est aujourd'hui l'alternative privilégiée des agriculteurs. Il demande cependant à être raisonné afin de ne pas tasser les sols (compactage lors du passage des tracteurs...) et de ne pas alourdir le bilan carbone de l'exploitation.

En France, l'utilisation des herbicides, très règlementée (dose d'emploi, matières actives), est en forte diminution. Leur utilisation en plein (sur la totalité de la surface) n'est quasiment plus pratiquée. Ils sont parfois utilisés sous le rang (au pied des souches), une zone plus difficile d'accès pour les outils mécaniques.

En résumé, il n'y a pas de solution miracle !

Les vigneronnes et les vignerons doivent prendre en compte plusieurs facteurs (sol, climat, cépage, objectifs qualitatifs, leur sensibilité) afin de raisonner l'enherbement de la vigne !

La WINEista