Vendanges manuelles ou mécaniques ?
Vendanges manuelles ou mécaniques ?
Publié le mercredi 13 septembre 2017

Vendanges manuelles ou mécaniques ?

Les vendanges manuelles sont souvent synonymes de qualité et mises en avant par les vignerons qui les pratiquent. Cependant, il existe d'autres options qui ne signifient pas forcément que le vin obtenu sera sans valeur gustative. On estime d'ailleurs qu'environ 60 % des baies vendangées en France sont le résultat de vendanges mécaniques (et près de 90 % dans le monde). Faisons donc le point sur ces deux méthodes pour comprendre pourquoi tant de vignerons optent pour cette approche.

Vendanges manuelles, l'idéal viticole

Technique traditionnelle, la vendange manuelle bénéficie d'une image très positive. Assimilée à la production de grands crus, elle peut résulter d'un choix profond du vigneron comme d'une contrainte législative. Trois cas viennent directement à l'esprit pour cette dernière : les producteurs d'effervescents (Champagne), ceux pratiquant la macération carbonique et exigeant donc la récolte de grappes entières (Beaujolais), ou encore ceux opérant un tri très sélectif des baies botrytisées pour la production de grands liquoreux (Sauternes).

Si elle est légalement obligatoire dans ces régions, elle peut aussi l'être techniquement dans des vignobles particulièrement difficiles à travailler. On pense alors aux terrasses très pentues et escarpées que l'on peut trouver en Vallée du Rhône, par exemple, ou à des terres couvertes de vignes non palissées. Elle est aussi particulièrement recommandée pour les cépages considérés comme plus délicats tels que le Pinot Noir, dont la peau est très fine.

En théorie, la vendange manuelle apparaît donc comme la méthode la plus adéquate pour obtenir des vins de grande qualité. Cependant, dans les faits, elle s'avère longue, fastidieuse et bien plus chère en termes de main d'œuvre nécessaire et de temps investi que la vendange mécanique. Bien moins flexible, elle peut se traduire par un manque de réactivité face à un face à la bonne maturité des raisins qui doit être traité rapidement et demande un grand investissement humain, lui aussi source de complications. En effet, faire intervenir une équipe conséquente de vendangeurs implique bien plus d'organisation et le risque de devoir travailler alors même que la maturité optimale n'est pas encore atteinte.

Vendanges mécaniques, une réalité plus positive qu'il n'y parait

Toujours perçu négativement dans l'imaginaire collectif, ce dispositif a pourtant connu des progrès techniques considérables au fil des ans. Comment cela marche exactement ? Pour faire simple, il s'agit de machines munies de batteurs et faisant tomber les grains sur un tapis mobile. Une grande partie des feuilles est alors éliminée par un système de ventilation.

Si elle permet d'être plus réactif, de récolter à parfaite maturité et d'empêcher que le raisin ne pourrisse sur pied, elle peut aussi apparaître comme un procédé brutal qui n'est pas recommandé à tous les types de baies. En effet, c'est là que réside toute la subtilité de la vendange mécanique. Alors que la vendange manuelle peut s'adapter à n'importe quel terroir, la mécanique, elle, doit être la solution idéale à un terroir particulier. Ainsi, comme je l'ai dit précédemment, le Pinot Noir, en Bourgogne, qui fait partie des cépages dits fragiles, résistera difficilement à un tel traitement. À l'opposé, les cépages dits résistants constituent des candidats parfaits pour la vendange mécanique. C'est notamment le cas du Cabernet Sauvignon, très utilisé dans le Bordelais, qui est caractérisé par sa peau épaisse et sa capacité à se détacher facilement de la rafle.

Enfin, il ne faut pas négliger l'intérêt économique d'une telle méthode. Plus rapide, nécessitant moins de main d'œuvre et permettant de vendanger la nuit, elle constitue un attrait budgétaire considérable pour nombre de vignerons. Cependant, selon la stratégie adoptée par le domaine, cela ne signifie pas forcément que la qualité sera impactée. Un viticulteur pourra choisir d'économiser sur les vendanges et de réinvestir dans le processus de vinification, permettant alors, à la fin de la procédure, d'obtenir un grand vin.