Tour du monde des vignobles : la Russie

Tour du monde des vignobles : la Russie

Malgré un passé tourmenté, le vin venu de Russie profite d’une belle renaissance depuis quelques années. Il a tour à tour été glorifié à l’époque des tsars, mis de côté pendant le règne soviétique et a échappé de peu à une disparition totale sous Gorbatchev. Et s’il prend désormais de plus en plus de poids sur la scène internationale, c’est en grande partie grâce à une influence française.

Une histoire ancestrale

Encore peu connu des amateurs de vin, le vignoble russe a pourtant une histoire très ancienne. En effet, ce sont les grecs qui, les premiers, ont perçu le potentiel de cette région des abords de la mer Noire. Ils plantent alors la vigne et produisent du vin, comme en témoignent les ruines de leurs caves que l’on peut encore admirer aujourd’hui. Suivent ensuite les Khazars, puis les Adyghés et les Cosaques. Chacune de ces civilisations a laissé son empreinte dans la viticulture russe actuelle. La dernière en date reste la française, incarnée par des œnologues passionnés tels que Frank Duseigneur et Jérôme Barret. Cette nouvelle vague est responsable de l’implantation de vignes importées de France, mais également de l’impulsion de domaines maintenant emblématiques comme le Château Grand Vostock et le Château Tamagne.

Un encépagement unique

Installé au bord de la mer Noire, le vignoble russe a pour voisins la Moldavie, l’Ukraine, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Entre les mers Noire et Caspienne, il bénéficie d’une influence marine qui apporte une certaine douceur au climat continental intense du pays. Cette spécificité explique que la plupart des vignes russes soient implantées sur le terroir de Krasnodar Krai, où les vignes peuvent résister à la saison hivernale. A l’opposé, les régions du Don, de Stavropol et de Dagestan connaissent des conditions climatiques bien plus rudes à cette période. Les viticulteurs doivent donc enterrer les vignes pour les préserver. Moins qualitatives, elles sont généralement destinées à la production de brandy.

Concernant le vin, on note un net retour des cépages autochtones afin de délivrer des vins typiques de la région. Parmi ces variétés locales, on peut citer le Tsimlansky Black et le Krasnostop en rouge, ainsi que le Rkasteli en blanc. Autre preuve de son passé ancestral, on trouve encore aujourd’hui dans les monts du Caucase le célèbre vitis vinifera sous sa forme sauvage. Cette espèce de vigne domptée depuis longtemps par la main humaine est la pierre angulaire de nos vignobles modernes.