Sur les traces du Château Cavalier
Publié le jeudi 20 juillet 2017

Sur les traces du Château Cavalier

Aujourd'hui je vais vous faire découvrir une propriété qui pour une double raison, me tient à cœur. Tout d'abord parce que j'ai passé beaucoup de temps à l'aventure en vélo ou à pied dans les pinèdes de cette propriété étant enfant, sans savoir qu'un jour j'écrirai quelques lignes dessus. Et l'autre raison vient du fait que ce domaine est conseillé par un œnologue que j'apprécie particulièrement et qui est tout sauf dans les normes !

Ce château c'est le château Cavalier sur la commune de Vidauban en Provence.

Laissez-moi vous situer le lieu. Vidauban est une des villes emblématiques pour le rosé de Provence car elle est située dans la plaine d'Argens, qui s'étend à perte de vue derrière le massif des Maures, célèbre frontière entre la mer (St Tropez au hasard) et la terre plus en arrière.

Acheté en 2000 par la famille Castel, une partie des terres ont été rachetées à un domaine voisin toujours existant, que je connais particulièrement bien pour y avoir passé une bonne partie de mes vacances lorsque j'étais jeune : le domaine des Féraud (il n'y a pas de S). Ce qui fait que j'ai une bienveillance particulière vis-à-vis de ces lieux, de ces chemins et forêts que j'ai de nombreuses fois parcouru et dans lesquels je replonge les yeux fermés, voyant ici une petite descente, là un bosquet qui cache un rocher sur lequel j'ai pu me prendre pour un pilote de rallye à l'âge de 10 ans.
L'arrivée de la Famille Castel a permis de développer des moyens techniques plus modernes afin de donner un nouveau souffle et une nouvelle vision à ce Château qui tire son nom d'un petit ruisseau qui traverse la propriété.

Que dire de l'endroit ? Magique, ne serait-ce que pour la couleur de la terre. Des graves et autres argiles sableuses qui donnent à la terre une couleur intensément ambrée, presque rouille.
Les fameux bois dans lesquels je me baladais, ont un rôle de régulateur thermique que je ne soupçonnais pas lorsque je me rendais presque tous les jours au chai voisin pendant les vendanges.

Et cerise sur le gâteau : les 140 hectares de terres sont d'un seul tenant, comme une grosse propriété avec ses chemins, ses petits passages de cour d'eau, ses bosquets….
J'ai dans ma mémoire, des souvenirs gravés à vie, des couchers de soleil fabuleux avec, se dessinant sur plusieurs plans, les montagnes de plus en plus hautes du massif des Maures devant moi, les pins parasols géants qui semblent vouloir monter jusqu'au  ciel, la couleur ocre de la terre contrastée avec le vert presque électrique des feuilles de vignes gorgées de soleil et d'eau à l'approche des vendanges. J'ai toujours pensé que cette région n'était pas réelle mais bel et bien un tableau vivant tellement tout est contrasté. Rien n'est fade.

L'autre raison de ma subjectivité totalement assumée sur ce domaine est l'excellente idée qu'a eu la famille Castel de demander à Olivier Dauga amicalement appelé  le faiseur de vins  en 2012, de conseiller le château Cavalier pour produire des cuvées qui d'année en année se hissent parmi les plus prestigieuses des Côtes de Provence. Cet œnologue conseil a un côté rock and roll que j'aime beaucoup et un franc parler qui détonne dans le paysage viticole souvent réputé pour sa discrétion et son conservatisme. Vous ne pouvez pas le rater lorsque vous le croisez, lunettes XL colorées, vestes acidulées et chaussures non moins atypiques.

Olivier a su donner vie à de nouvelles cuvées comme le Grand Cavalier avec ses 50 % de Syrah, 18 % de Rolle, 16 % de Grenache et autant de Cabernet-Sauvignon. Ce genre de rosé suffisamment précis pour accompagner avec qualité, des plats bien plus élaborés et fins que le traditionnel barbecue entre amis. Il n'est pas rare désormais de le trouver à la carte de grands restaurants et même de s'y tromper à l'aveugle avec certains vins blancs.

La propriété a su gérer la totalité du vignoble de manière parcellaire, ce qui n'est pas évident avec autant de surface d'un seul tenant. De plus, la propriété utilise des levures indigènes c'est  à dire qu'on laisse les levures naturellement présentes dans les baies de raisin afin que la fermentation alcoolique (transformation des sucres en alcool) se fasse de manière la plus naturelle possible sans utiliser de levures dites  exogènes  venant de l'extérieur. Cela permet surtout de favoriser l'expression la plus pure du terroir et du raisin qui y a poussé.

Tout ce travail permet aujourd'hui au Château Cavalier de présenter une gamme de 4 cuvées suffisamment large pour répondre aux différents palais des amateurs :

- Le Grand Cavalier que je viens de vous présenter qui est la cuvée la plus complexe comme je vous le disais et qui peut accompagner sans rougir de grands plats.

- La cuvée Marafiance (du nom du chemin qui passe devant le chai) plus fraîche et minérale, qui se mariera à merveille avec un rouget-barbet pêché dans les roches au citron et un filet d'huile d'olive de Flayosc.

- La cuvée Terre de Provence a les arguments pour séduire avec son côté fruité et tout en rondeur grâce au cinsault, cépage connu pour ses notes aromatiques de fruits et surtout sa douceur.

- Enfin la cuvée 360 de Cavalier est quant à elle, idéale pour l'apéritif, accessible et elle accompagnera volontiers une tapenade maison .

Voilà un domaine qu'il va falloir suivre de près dans les années à venir.

Et si vous passez dans la région, allez-vous perdre dans les chemins du domaine de Peissonnel dans les parages de Vidauban, au coucher de soleil, cela en vaut vraiment le détour.