Que boire avec une crème brûlée ?

Que boire avec une crème brûlée ?

Des jaunes d’œufs, du lait, une pincée de farine et une bonne dose de sucre joliment caramélisé, il n’en fallait pas plus pour créer la fameuse crème brûlée. Ce délice sucré, qui a su traverser les siècles avec panache, est devenu une recette incontournable des tables de l’hexagone. Pourtant, français, espagnols et anglais se disputent l’invention de ce célèbre dessert d’une simplicité et d’une gourmandise déconcertantes.

Mais nous avons une bonne raison d’être chauvins puisque le premier ouvrage y faisant historiquement référence est originaire de notre beau pays. Il s’agit de Nouveau cuisinier royal et bourgeois de François Massialot, publié en 1691.

A l’époque, les grands repas se composaient de plats en trois services et si la parade que cela engendrait était impressionnante, il n’était pas rare que les convives dégustent des plats ayant refroidi. Et c’est lors d’une de ces réceptions que la crème brûlée fût créée. Lorsque Philippe d’Orléans se plaint au chef François Massialot de la température de son dessert, celui-ci a l’ingénieuse idée de le réchauffer à l’aide d’un fer chaud. Le sucre en surface caramélise, la crème conserve sa fraîcheur, et ces contrastes chaud/froid et croquant/fondant séduisent les palais des invités.

Alors, quelle bouteille ouvrir pour lui faire honneur ?

Un moelleux équilibré

On écarte les rouges dont les tanins seraient malvenus et les blancs secs qui peineraient à s’imposer devant cette association entre douceur de la crème et légère amertume du caramel.

Restent donc les vins moelleux à liquoreux intenses avec une belle personnalité. Pour une rencontre entre les grands classiques frenchies, on se rend à Sauternes, appellation incontournable de ce style de vin. Les notes d’agrumes confits et la vivacité caractéristiques feront merveille sur ce dessert.

Un peu plus au nord, la Loire recèle de vins partageant ces mêmes qualités. Choisissez un Quarts de Chaume ou un Montlouis-sur-Loire pour une superbe expérience gustative.

Et si vous ne voulez pas terminer sur une touche trop sucrée, optez pour un demi-sec. Un Alsace Gewurztraminer Vendanges Tardives sera aussi très intéressant sur un dessert non fruité car il prend en sa compagnie une nouvelle dimension.

Envie de dépasser les frontières françaises ? Un Tokay hongrois apportera structure, élégance et une finale rafraîchissante particulièrement appréciée en fin de repas.

Un vin doux naturel puissant

Autre solution pour magnifier cette crème brûlée, l’accompagner d’un vin doux naturel. Une alliance qui gagne en complexité et surprendra vos convives à coup sûr.

Selon les goûts de chacun, on peut se tourner vers le fruité d’un Muscat de Rivesaltes ou d’un Beaumes de Venise blanc, ou partir dans une toute autre direction avec un Rivesaltes ambré rancio. Sa palette aromatique fera délicieusement écho aux notes caramélisées de ce mets.