Pourquoi trinque-t-on ?
Publié le mardi 29 décembre 2015

Pourquoi trinque-t-on ?

Tchin, prost, salud, cheers… La plupart des langues occidentales ont un mot pour trinquer. Certains convives entrechoquent leurs verres, quand d'autres se contentent de le lever avant de commencer à boire. Quelles que soient les subtilités propres à chacun, trinquer est devenu un réflexe à l'heure de l'apéritif. Toutlevin.com s'est penché sur les origines de cette tradition conviviale en quatre questions clés.

D'où vient la coutume de trinquer ?

La légende veut que la tradition remonte au Moyen-Âge. A l'époque, les verres n'étaient pas toujours partagés avec des personnes de confiance. L'empoisonnement étant chose courante, les notables prirent l'habitude de trinquer avec leurs convives. Les verres s'entrechoquaient deux fois de suite de façon peu délicate, afin que leurs contenus se mélangent. Les empoisonneurs n'avaient alors d'autre choix que de boire leur vin, promis à une mort certaine, ou se faire démasquer. Les pays anglo-saxons ont une autre théorie, exprimée dans les œuvres de Shakespeare. A l'heure de l'apéritif, le vin était servi accompagné d'une tranche de pain rassis. En trinquant, les convives faisaient déborder leurs verres, arrosant ainsi le pain de façon à obtenir une tranche moelleuse et parfumée. L'expression porter un toast était née !

Trinque-t-on dans tous les pays ?

Issu de l'allemand trinken, boire, le fait de trinquer est courant dans de nombreux pays, de la Scandinavie aux Etats-Unis en passant par la Chine. On observe toutefois des subtilités d'un continent à l'autre. Les Américains évitent ainsi d'entrechoquer leurs verres, tandis que les Chinois enchainent les toasts tour à tour avant d'entamer leurs verres. Les Norvégiens et les Suédois, eux, observent la même coutume en plaçant leur verre à la hauteur de leur cœur. Les Italiens se souhaitent quant à eux cent ans de bonheur.

D'où vient l'expression tchin-tchin ?

Utilisée par les Français, mais également par les Espagnols, cette expression incontournable lors de l'apéritif viendrait du chinois qing, utilisée pour inviter quelqu'un à partager un verre. Introduite au XIXe siècle par des soldats revenus de la campagne de Chine, elle était alors prononcée à deux reprises, à chaque fois que les verres s'entrechoquaient. On ne trinque aujourd'hui plus qu'une seule fois, mais l'expression tchin-tchin est restée.

Faut-il absolument se regarder dans les yeux au moment de trinquer ?

Les plus véhéments prédisent sept ans de malheur aux inconscients qui ne se regarderaient pas dans les yeux en trinquant. Cette vieille coutume remonterait en réalité elle aussi au Moyen-Âge, lorsque les puissants se défiaient du regard avant de boire. Tout l'enjeu était alors de ne pas entamer son verre le premier, au risque d'être empoisonné. Aujourd'hui, il ne s'agit plus que d'une tradition émoussée, plus ou moins respectée à travers le monde.

Alexandra Reveillon