Pourquoi des rosiers devant les vignes ?

Pourquoi des rosiers devant les vignes ?

Au cours de vos pérégrinations viticoles, vous avez peut-être remarqué des rosiers implantés juste devant les rangs de vignes. Et comme vous avez pu le deviner, cette spécificité n’est pas seulement une question esthétique. En effet, elle joue un véritable rôle au sein de l’écosystème d’un domaine.

L’histoire voudrait que ces ravissants buissons servent à aiguiller les chevaux de labour. À leur vue, ils se retournaient et s’orientaient vers le prochain rang à travailler. Son emplacement en bout de rang éviterait aussi que l’animal ne prenne un virage trop serré et arrache un cep. Mais il semblerait que la réalité actuelle s’avère bien moins pittoresque.

Un allié pour le vigneron

Car la fonction principale de ces rosiers est surtout de dépister certaines maladies de la vigne, plus particulièrement l’oïdium. Ils y sont extrêmement vulnérables et agissent donc comme une alarme puisqu’ils sont les premiers à être touchés. Une fois le viticulteur prévenu, celui-ci peut réagir rapidement pour éviter que le développement de ce champignon ne soit fatal pour sa récolte. Leur implantation n’a donc rien d’ornemental.

Si on le connaît moins que le terrible phylloxéra, ravageur ayant transformé le paysage viticole français à son époque, ou le mildiou, un champignon également, l’oïdium n’en est pas moins important. A l’instar des autres maladies cryptogamiques, il apprécie l’humidité et les écarts de température. Les premiers symptômes se traduisent par un feutrage blanc sur les feuilles. Il dessèche les fleurs et, lorsqu’il apparaît sur les baies, prend la forme d’une poudre blanche qui détériore la peau du raisin et fait éclater le fruit. C’est pour cela qu’on l’appelle également maladie du blanc. Cependant, sa propagation étant éminemment rapide, il est généralement trop tard lorsque l'on le repère.

Des fleurs pour protéger la vigne ?

Mais les rosiers ne sont pas les seules plantes à venir en aide à la vigne. Elles sont plusieurs à repousser diverses menaces et composent la biodiversité d’un vignoble. Sélectionner et associer toute ces plantes de manière efficiente constitue une facette supplémentaire du métier de viticulteur. Il devra notamment prendre en compte la compétition pour les ressources en sol et en eau. Tout ici est une question d’équilibre.

Ainsi, l’ail des vignes est réputé efficace contre l’oïdium et les pucerons. L’origan, lui, est utilisé pour contrer les cicadelles et tordeuses. Il est un répulsif contre les ravageurs très apprécié des vignerons. La bourrache est un indicateur fiable du taux et de la qualité de la matière organique du sol. Les trèfles sont synonymes d’apport d’azote et attirent les insectes auxiliaires de culture. Enfin, que l’on parle de ray grass, de seigle, de radis chinois, de serradelle ou de lentille fourragère, tous ont l’avantage d’avoir un effet bénéfique sur la matière organique. La nature est bien faite, n’est-ce pas ?