Le Pérou, des vins en terre Inca
Le Pérou, des vins en terre Inca
Publié le mercredi 08 novembre 2017

Le Pérou, des vins en terre Inca

Réputée pour ses vins de qualité, l'Amérique Latine est portée par de puissants pays producteurs tels que l'Argentine ou le Chili. Vignoble historique qui a connu de multiples rebondissements, le Pérou revient peu à peu sur le devant de la scène internationale. Particulièrement aride, il possède quelques oasis aux conditions idéales pour la culture de la vigne. On délaisse donc un instant les vestiges incas pour s'intéresser aux trésors de ces vignobles.

Une histoire mouvementée

Les débuts de la viticulture péruvienne remontent à l'arrivée des conquistadors espagnols. C'est en 1540, juste après la conquête du pays, qu'ils amènent les premières vignes à Ica. Une expérience réussie, qui connaitra son apogée au cours du 17ème siècle. Cependant, la production de vin s'effondre à la suite de la guerre de Sécession (1861-1865), un déclin qui profitera aux vins chiliens et argentins. Aujourd'hui, le Pérou a retrouvé ses lettres de noblesse et compte environ 15 000 hectares de vignes.

La Vallée d'Ica, des terroirs exceptionnels

Région de production privilégiée du Pérou, la Vallée d'Ica possède des terroirs dotés d'un fort potentiel qui rappellent un peu ceux de leur illustre voisin, le Chili. Pour comprendre la richesse de ces sols, il faut remonter à l'époque préhistorique, lors de la grande période de dégel. Ce bouleversement climatique provoque alors de gigantesques coulées de boues qui glissent en bas de la Cordillère des Andes jusqu'à l'Océan Pacifique. Ce sont elles qui sont responsables de la formation des vallées actuelles et de leurs sous-sols caillouteux et sablonneux. En résulte des sols d'alluviaux incroyables qui profitent à la culture de la vigne. Cette zone reste tout de même restreinte, le reste du pays étant soumis à un climat semi-tropical qui rend très difficile la production de vin.

Des bodegas historiques

Pour comprendre l'histoire viticole du Pérou, il faut se rendre à Tacama, le plus ancien domaine du pays qui a vu le jour au milieu du 16ème siècle dans la Vallée d'Ica. Depuis plus d'un siècle, il entretient une relation étroite avec la France, recrutant les professeurs et œnologues les plus réputés de l'hexagone. Ainsi, Emile Peynaud, Max Rives ou encore Alain Carbonneau y ont créé des cuvées magnifiques, avant de passer le flambeau à Frédéric Thibaut, actuellement en place. Une influence française très forte que l'on ressent dans le choix des cépages, la technologie et le savoir-faire.
Plus qu'un simple domaine, Tacama a marqué de son empreinte la viticulture péruvienne. Il fut ainsi l'un des premiers à importer des cépages de France et d'Italie. Une habitude qui a perduré et que l'on constate désormais. Les variétés méditerranéennes, telles que le Mourvèdre et le Carignan offrent de belles expressions sur ces terroirs, et les classiques Malbec et Cabernet Sauvignon des tanins d'une grande puissance. En blanc, ce sont le Sauvignon, le Sémillon, le Chardonnay et le Chenin Blanc qui délivrent un fruité magnifique.

Si l'on trouve majoritairement de vastes bodegas s'étendant sur des centaines d'hectares et implantées depuis plusieurs générations, cela est en train de changer. En effet, face à l'augmentation de la consommation nationale de vin, nombreux sont les viticulteurs qui ont envie de tenter l'expérience. Une ambition qui est également motivée par de grandes réussites comme le Borgoña du domaine Tarbenero, vin emblématique du pays qui représente 85% de la production péruvienne. Il est issu du cépage Isabelle, prohibé en France depuis 1935 pour sa trop grande résistance afin de répondre à une crise de surproduction de vin. Braver l'interdit, une raison de plus de tester les vins venus du Pérou…