La vigne vue du ciel
Publié le mercredi 03 mai 2017

La vigne vue du ciel

Vous avez déjà vu des OVNIS ? Et des drones ? Oui bien sûr ! Ce petit objet volant est maintenant entré dans les mœurs aussi bien dans la vie domestique que pour les pros. Il est déjà largement utilisé en agriculture dans les champs de blé et de colza. Intéressons nous à ces voltigeurs dans le vignoble.

La carte d'identité du drone viticole

Pour commencer, la définition : c'est un engin volant radiocommandé pouvant se déplacer en autonomie et muni de capteurs, souvent photographiques.

En viticulture, il existe deux types de drones. Soit il est profilé comme un avion ou plus exactement comme un planeur. Soit il ressemble à une soucoupe à plusieurs hélices, il est alors nommé multirotor. Côté capteurs, ils prennent des photos dans le visible ou dans l'infrarouge. Vous allez me dire : on n'a pas attendu l'apparition de ces miniatures de l'air pour prendre des photos aériennes ! Evidemment, un avion ou un satellite peuvent faire le job. La télédétection en viticulture a d'ailleurs débuté dans les années 2000.

Les avantages du drone

Tout d'abord, le pilotage est un jeu d'enfant ! Mais avant de taquiner les manettes, il faut quand même avoir obtenu son brevet de pilote. Puis administratif oblige, il faut aussi avoir fait une déclaration préalable de vol professionnel à la direction régionale de l'aviation civile.

Grâce à cet objet, les photos obtenues sont de très haute résolution (1 à 10cm), puisqu'il peut stationner à quelques mètres au dessus des pieds de vigne. Il est par ailleurs tout terrain, car il se dirige à des endroits très précis de la parcelle, préalablement balisés et géo localisés par GPS. Durant un vol, qui dure de 15 à 45 minutes, les photos peuvent être prises en rafale, ce qui diminue drastiquement le coût d'acquisition par image.

Mais concrètement çà sert à quoi toutes ces manœuvres?

Les informations apportées au viticulteur

Les capteurs embarqués enregistrent les rayons émis ou réfléchis par le sol et la vigne. Les données d'imagerie recueillies sont ensuite analysées et traitées via un logiciel de cartographie. Le viticulteur peut ainsi avoir plusieurs cartes de son vignoble et identifier la variabilité intra parcellaire (hétérogénéité au sein d'une même zone). C'est la première étape de ce que l'on appelle la viticulture de précision !

La principale application est celle liée à l'expression végétative, c'est-à-dire à l'observation de l'état du feuillage. On peut ainsi repérer en fonction de l'intensité de la couleur verte, des zones de vignes carencées (en manque de nutriments), en stress hydrique (manque d'eau) ou encore ayant subies un incident climatique (gel ou grêle par exemple), etc. Il est aussi possible de mesurer la surface de la bande d'enherbement entre les rangs. Beaucoup d'autres sujets sont actuellement en cours de développement.

Ces nouveaux outils High Tech sont une aide à la prise de décision technique pour le viticulteur. Mais ils restent un complément d'informations, et ne peuvent en aucun cas remplacer l'observation de terrain et les analyses de laboratoire. Il s'agit simplement de croiser les données pour une gestion plus raisonnée du vignoble.

Elvire Bonnefous