La tonnellerie française : savoir-faire et patrimoine forestier
La tonnellerie française : savoir-faire et patrimoine forestier
Publié le mardi 18 avril 2017

La tonnellerie française : savoir-faire et patrimoine forestier

Résultat d'un processus complexe entre séchage des merrains et temps de chauffe particulier, la barrique a toujours eu une relation sacrée avec le vin. Aujourd'hui, nous allons donc rentrer dans l'univers de la tonnellerie et, plus méconnu, celui des chênes français.

Leaders mondiaux de la tonnellerie

Considérées comme les représentantes de la haute couture de la tonnellerie, les barriques françaises sont exportées à travers le monde. Ce secteur très traditionnel a connu une grande modernisation et a ainsi conquis un marché du luxe en pleine expansion. Chaque année, environ 550 000 tonneaux sont produits en France, ce qui représente près de la moitié de la production mondiale. Et l'élément principal qui a permis à l'hexagone de se hisser à un tel niveau, c'est avant tout le chêne français.

Le chêne français, un incontournable

S'il existe 250 espèces de chênes dans le monde, seules quelques unes sont compatibles avec le vin. Deux types de chênes sont utilisées en tonnellerie : les chênes sessiles et les chênes pédonculés. On les retrouve principalement dans la partie médiane nord de la France, répartis de façon très homogène dans les forêts. Un détail qui a son importance, puisque c'est cet aménagement qui les rend particulièrement intéressants au niveau organoleptique. En effet, les différences de sols et de climats à travers le territoire français provoquent des comportements variés du bois. Une diversité très recherchée par les tonneliers.

Par exemple, les chênes issus de la forêt de Tronçais ont un grain extra-fin réputé idéal pour les vins hauts de gamme ; ceux des Vosges, à grain fin et moyen conviennent aux vins de manière générale ; et ceux du Limousin à gros grains sont privilégiés pour le vieillissement des alcools.

Fruit d'une sélection drastique dans ces hautes futaies favorisant la finesse du grain et la qualité du bois, le chêne français a un éternel adversaire, son homologue américain. Celui-ci séduit par son exubérance et la buvabilité qu'apportent sa sucrosité et ses notes de coco. Mais la majorité des vignerons européens s'orientent toujours vers les chênes français sessiles et leur élégant bouquet fait d'épices et de pain grillé.

Une gestion des forêts exemplaire

Véritable modèle en matière de gestion durable, nos forêts françaises sont régies par l'ONF (Office National des Forêts). Preuve de cette excellente administration, nos surfaces de forêts de bois d'œuvre sont toujours identiques à celles que l'on avait au Moyen-Âge et il est prévu que leur rendement double d'ici un siècle. Pour préserver cet espace de vie, le point décisif est de ne pas utiliser d'arbre jeune pour les merrains. Un chêne de tonnellerie aura donc 150 ans minimum. Après cette sélection rigoureuse, l'ONF contrôle ensuite les ventes de ces arbres. Des enchères effectuées à l'aveugle qui lui permettent d'équilibrer son budget. Pour vous donner un ordre d'idée, un chêne peut coûter jusqu'à 2 500€. Un prix que seul la tonnellerie peut débourser puisqu'elle est aujourd'hui l'unique secteur excédentaire de la filière bois…

Marie - Drink a Beat