La musique pour cultiver la vigne
La musique pour cultiver la vigne
Publié le mercredi 11 octobre 2017

La musique pour cultiver la vigne

La musique adoucit les mœurs…mais pas que ! En effet s'il a déjà été démontré, à de nombreuses reprises, qu'elle pouvait agir sur l'humeur des animaux et des humains, il semble que ces expérimentations s'étendent de plus en plus à la viticulture. Après tout, si le morceau approprié vous permet de trouver la force d'aller au bureau le lundi matin, pourquoi n'aurait-il pas également le pouvoir de renforcer la vigne ?

La musique pour remplacer les pesticides…

Grâce aux recherches du physicien Joël Sternheimer, la société Génodics a réussi à développer un procédé alternatif, la génodique, permettant d'utiliser la musique pour lutter contre certaines maladies de la vigne. Pour faire simple, cette technique part du principe que toute matière, qu'elle soit inerte ou vivante, est composée de différents niveaux d'organisation reliés par des ondes d'échelle qui en font un ensemble cohérent. Lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés émettent des vibrations constituant une mélodie spécifique inhérente à chaque protéine. Génodics utilise alors les ondes d'échelle pour transposer ces mélodies sur la gamme audible et influer sur le taux de protéines afin de stimuler la résistance naturelle de la plante à certaines maladies.
Voilà pour la théorie. En pratique, on diffuse des suites de fréquences sonores de quelques minutes à proximité des ceps à traiter. Pas de David Bowie ou de Jul ici mais de la musique organique, également appelée protéodie. Cette technique, déjà mise en place dans plusieurs vignobles d'Alsace, de Bordeaux, de Loire et de Champagne, est responsable d'une baisse de 60% des maladies. Très efficace contre l'esca, un champignon qui assèche les ceps, elle pourrait aussi aider à la lutte contre le gel, le mildiou, ou même la sécheresse.

…ou favoriser le développement de la vigne

Il y a quelques années, j'ai eu la chance de me balader dans le vignoble de Stellenbosch, en Afrique du Sud, et de découvrir le domaine DeMorgenzon qui berce continuellement ses vignes avec de la musique classique et baroque. Grand adepte de la génodique, Carl Van der Merwe, le responsable du domaine, a délaissé les protéodies pour des morceaux plus communs. Les dix haut-parleurs diffusent donc jour et nuit les titres des plus grands compositeurs, de Mozart à Lully, en passant par Rameau. Un choix qui n'est cependant pas innocent, puisque ceux-ci ont des rythmes mathématiques qui influent sur la vigne. Encore une fois, tout est surtout question d'ondes et de fréquences. Les bienfaits de cette méthode sont incontestables selon lui, puisque le vin provenant de cette parcelle se différencie véritablement des autres cuvées par son équilibre.
Mais cette expérience originale ne se limite pas seulement à cette winery, de nombreux viticulteurs s'y étant essayé à travers le monde. On peut notamment citer Carlo Cignozzi, en Toscane, qui travaille avec l'Université de la Faculté d'Agriculture de Florence et l'Université de Pise pour étudier les effets de la musique sur la culture de la vigne. Ce procédé a d'ailleurs attiré le roi des enceintes haut de gamme, Bose, qui a décidé de lui en fournir une cinquantaine pour diffuser de la musique aux vignes. Ensemble, ils ont pu constater qu'elle avait une influence positive sur le système racinaire, les fleurs ou les feuilles et, au contraire, un effet répulsif contre les parasites et les prédateurs. De quoi vous donner à réfléchir la prochaine fois que vous chanterez du Céline Dion à tue-tête à côté de votre ficus sans penser aux conséquences…