La cuillère pour préserver les bulles, mythe ou réalité ?

La cuillère pour préserver les bulles, mythe ou réalité ?

La fameuse cuillère placée dans le goulot de la bouteille pour continuer à profiter de l’effervescence le lendemain est une technique connue de tous.
Transmise de génération en génération, mise en œuvre à la maison mais rarement expliquée, elle a même fait l’objet de tests scientifiques.
D’où nous vient cette étrange coutume et est-elle vraiment aussi efficace qu’on le pense ?

Un mythe populaire

Tradition ancienne mise en place par les viticulteurs champenois ? Processus inventé il y a plusieurs siècles pour protéger les crus des tablées royales ? La réalité serait en fait bien plus simple et beaucoup moins glamour. En effet, l’habitude de la cuillère viendrait en fait des bars et restaurants d’une époque pas si lointaine. Les habitués laissaient leurs bouteilles entamées pour les terminer le lendemain, et le personnel y glissait une cuillère pour les identifier. Cela n’avait donc aucun lien avec le fait de conserver l’effervescence.

Mais si cette légende a perduré, il y a bien une raison. Pour certains la forme particulière de la cuillère avec sa partie concave forcerait le gaz relâche à retourner dans la bouteille. La pression générée étant faible, elle est restée durant très longtemps une explication acceptable… avant que des scientifiques ne se penchent sur la question.

Une efficacité contestée

Les vins effervescents se distinguent par leurs colonnes de bulles, plus ou moins délicates selon les cuvées, qui en font par définition un produit à la dégustation éphémère. Bien préservées lorsque la bouteille est fermée, elles s’échappent à son ouverture, offrant ainsi le terrible phénomène du Champagne éventé. Puisque cette habitude a traversé les âges pour devenir une véritable tradition dans les familles françaises, le Centre Interprofessionnel des vins de Champagne se devait de vérifier son efficacité.

Il a donc effectué de nombreux tests avec une méthodologie rigoureuse : différents temps de repos des bouteilles de Champagne ouvertes, avec ou sans cuillères, avec un bouchon normal ou hermétique et même utilisation de cuillères en acier et en inox. Toutes les variables ont été envisagées.

Le verdict est finalement tombé : le fait de mettre le manche d’une cuillère dans le goulot n’a aucun effet sur la fuite des bulles.
Un mythe s’effondre alors mais une solution de secours est cependant révélée puisque le bouchon hermétique, lui, permet de réduire nettement la perte de dioxyde de carbone.
Moins original mais résolument plus efficace.