L'appellation Champagne, comment ça marche ?
L'appellation Champagne, comment ça marche ?
Publié le mercredi 23 août 2017

L'appellation Champagne, comment ça marche ?

Le phénomène de pétillement des vins est connu depuis déjà bien longtemps, puisqu'il en est fait mention sur d'anciens papyrus égyptiens. D'abord considéré comme un défaut, il suscitera un certain intérêt au fil des ans, attirant la curiosité des amateurs de vin. Ainsi, dès les années 1300, on reconnaît une aptitude naturelle à pétiller aux vins de Champagne. Cependant il faudra tout de même attendre entre 1670 et 1690 pour assister à la commercialisation de véritables champagnes mousseux grâce au perfectionnement des techniques. Si ces dernières se sont depuis exportées dans d'autres vignobles, le monde a gardé les yeux et les papilles rivés sur la Champagne, encadrant minutieusement ce vin si particulier.

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Les premiers pas de l'appellation

Si dès la fin du 17ème siècle, les vins provenant du terroir champenois sont appelés vins de Champagne, c'est en 1887, avec un arrêt de la cour d'Angers, que l'histoire de ces crus prend un nouveau tournant. En effet, le Syndicat des Grandes Marques de Champagne obtient alors de la cour la reconnaissance de la propriété du mot Champagne aux seuls vins issus de cette région. En 1905, toujours dans cette logique, les vignerons demandent au Ministère de l'Agriculture la délimitation précise de la Champagne viticole. Une décision de protéger un patrimoine très précieux qui s'imposera définitivement quelques années plus tard, lorsque le vignoble se retrouvera ravagé par le phylloxéra et la première guerre mondiale. Une aire strictement délimitée et des règles communes de production sont donc fixées en 1927 avant d'obtenir, en 1936, la naissance officielle de l'AOC Champagne.

Les règles principales

- Cépages : Pinot Noir, Chardonnay et Pinot Meunier
- Dans les vignes : technique de la taille courte
- Rendement maximum imposé
- Degré maximum fixé chaque année
- Emploi de la méthode champenoise : une première fermentation en cuves qui transforme le moût en vin, suivie d'une seconde fermentation en bouteille (aussi appelée prise de mousse) qui apporte l'effervescence
- Conservation en bouteille : au minimum 15 mois avant expédition

L ‘échelle des crus

Mise en place au 18ème siècle pour que les champenois puissent classer leur production, cette hiérarchie prend en compte de nombreux critères tels que la géologie, les microclimats, l'exposition, l'altitude, l'encépagement…etc. Système unique, ici les crus sont représentés par un pourcentage entre 80 et 100, les pourcentages les plus élevés étant considérés comme étant les plus qualitatifs. Une référence qui permettra de déterminer le prix du raisin au kilo, une nécessité lors des transactions entre vignerons et grandes maisons. En effet, ce sont elles qui achètent, chaque année, l'essentiel de la production de la région.

On trouve 17 Grands Crus classés à 100%. Ceux-ci représentent 14% de la surface totale de l'appellation et sont répartis sur la Montagne de Reims (11 crus) et la Côte des Blancs (6 crus). Le second niveau de l'échelle, ce sont les Premiers Crus classés de 99 à 90%. Ils sont au nombre de 44 et se situent sur la Montagne de Reims, la Côte des Blancs et autour d'Epernay. Enfin, le troisième niveau, qui comprend 237 crus classés de 89 à 80% et représente 68% du vignoble. Des mentions que l'on peut choisir de faire apparaître sur l'étiquette.