Faut-il bouder les nouveaux bouchons ?
Publié le lundi 16 septembre 2013

Faut-il bouder les nouveaux bouchons ?

Tire-bouchon en main, vous vous apprêtez à ouvrir la bouteille offerte par vos invités. Au moment d'ôter l'opercule, vous réalisez votre erreur : exit le liège, le flacon est fermé par une capsule à vis. On vous voit venir. Non, vos amis ne se sont pas moqués de vous. On trouve aujourd'hui de très bons vins fermés grâce à ce mécanisme. Vis, synthétique, opercule en verre… Le liège n'est plus l'unique option.
Que faut-il penser de ces nouveaux bouchons qui apparaissent sur vos bouteilles préférées ?

La capsule à vis, un pari qui tient la route

Rassurez-vous, le temps où l'on bouchait les flacons à l'aide d'huile est révolu. Même équipé d'une capsule à vis, le vin peut voyager. C'est d'ailleurs le mode de fermeture le plus étanche qu'on ait imaginé, et le favori des œnologues. L'air ne passant pas à travers, il permet de réduire le taux d'antioxydants ajoutés au vin, et l'absence de liège permet d'éviter tout goût de bouchon. Evidemment, la capsule ne fait pas de miracles - si un vin n'est pas fait pour être gardé, elle n'allongera pas sa durée de conservation - mais elle est une solution idéale pour les vins blancs et rosés destinés à consommer dans les 4 à 5 prochaines années. Chablis, Côtes de Provence, Languedoc… De plus en plus de producteurs s'en servent pour conserver leurs vins de qualité. Cerise sur le gâteau, vous n'avez plus besoin de vous encombrer d'un tire-bouchon !

Si la vis est de plus en plus répandue, notamment grâce aux jeunes qui plébiscitent son côté pratique, elle souffre toutefois d'une image négative : dans l'esprit collectif, la capsule ne rime pas avec authenticité et terroir… Et pourtant ! Les œnologues restent optimistes : la France finira bien par suivre le mouvement amorcé par le reste du monde…

Le synthétique, garanti sans goût de bouchon

Alors que le 100% liège impliquait de n'avoir aucun bouchon identique, la production industrielle des fermetures synthétiques permet de réduire les aléas : toutes les bouteilles sont bouchées de la même façon, sans risque de prendre le goût du liège ou de laisser passer plus d'air que le flacon voisin.

Moins coûteux que les bouchons traditionnels tout en permettant le débouchonnage cher aux amateurs, les bouchons synthétiques sont bien adaptés pour les vins destinés à être conservés jusqu'à trois ans. Les bouchons synthétiques conviennent donc parfaitement pour les vins destinés à être bus dans les deux à trois ans… c'est-à-dire la plupart des vins !

Une chose est sûre, vous ne les retrouverez pas sur les vins de garde. Précieux et luxueux, ceux-ci sont fermés grâce à des bouchons de liège plus longs et de meilleure qualité que les bouchons classiques. L'air y pénètre un tout petit peu et contribue à forger le caractère d'une bouteille spécifique.

Les opercules de verre, dernière tendance

Dernier né des bouchons alternatifs, l'opercule de verre à un côté esthétique qui fait son effet. Si un léger joint permet de maintenir l'étanchéité entre le bouchon et la bouteille, le reste n'est que verre : on évite ainsi de mettre un nouveau matériau en contact avec le vin. Parfait pour une garde courte, de 3 à 5 ans, les opercules pourraient se démocratiser s'ils n'étaient pas aussi chers. Facturés 1 euro par bouchon au producteur, ils salent rapidement l'addition du consommateur.

Merci à Jacques Vivet, œnologue et fondateur de l'Ecole de Dégustation éponyme, ainsi qu'à Matthieu Dubernet, œnologue des laboratoires Dubernet, pour leur collaboration.