Costières de Nîmes, du vin des Papes au vin de plaisir
Costières de Nîmes, du vin des Papes au vin de plaisir
Publié le mercredi 22 novembre 2017

Costières de Nîmes, du vin des Papes au vin de plaisir

Encore trop méconnue, l'appellation Costières de Nîmes s'étend entre les Cévennes, le Rhône et la Camargue. Le plus méridional des vignobles de la Vallée du Rhône profite ici d'un terroir méditerranéen et de conditions optimales à la culture de la vigne. Un environnement idéal pour produire des vins à la palette aromatique complexe et diversifiée.

Des vignes depuis l'époque Romaine

S'il existe depuis plus de 2000 ans, le vignoble des Costières de Nîmes a connu une histoire mouvementée. A l'instar d'autres régions viticoles françaises, il doit une partie de son succès aux institutions religieuses. En effet, ce sont les moines qui, au 8ème siècle, ont développé de vastes parcelles autour des abbayes. L'une d'elle, l'abbaye de Saint-Gilles, se distinguera particulièrement en devenant l'un des fournisseurs officiels des papes alors installés à Avignon.
Il connaitra ensuite un nouvel essor au 12ème siècle, avec l'arrivée de moyens de communication novateurs. Cela commence avec la construction du canal du Midi, qui facilite l'irrigation, et se renforce avec l'avènement du chemin de fer. Malheureusement, la crise du Phylloxéra n'épargnera pas le vignoble, qui se retrouvera décimé. Il faudra attendre la période de l'après-guerre et l'impulsion des caves coopératives pour lui redonner un second souffle. Le Ministre de l'Agriculture de l'époque décide alors de le restructurer, avec l'aire de Philippe Lamour et du Baron le Roy. Une démarche qui aboutira à la création des VDQS (Vins Délimités de Qualité Supérieure) en 1945 et de l'appellation Costières de Nîmes en 1989.

Des terroirs caractéristiques de la Vallée du Rhône

Typiquement rhodaniens, les sols se composent majoritairement de galets roulés sur terres argilo-calcaires. La Petite Camargue, à l'extérieur des deux bras du delta rhodanien, expose le vignoble frontalement à la mer et est responsable de la présence d'alluvions caillouteuses. Ces dernières, composées d'argiles rouges et de galets roulés, rappellent fortement une autre appellation rhodanienne, Châteauneuf-du-Pape. Cet emplacement apporte également un climat particulier, où les brises marines rencontrent la chaleur emmagasinée par les galets et crée un effet de convection. Cela provoque une grande amplitude thermique entre le jour et la nuit, une particularité qui permet de préserver la fraicheur et la pureté du fruit.

Des vins au caractère méridional

Côté cépages, on retrouve encore une fois la Vallée du Rhône. Les vins rouges et rosés sont marqués par les arômes de la Syrah, du Grenache, du Cinsault, du Mourvèdre et du Carignan. Dans le verre, on trouve aussi bien des rouges de plaisir à boire sur le fruit qui évoluent sur des notes d'épices douces et de garrigue que des vins plus structurés, avec une belle trame tannique et beaucoup de finesse. Fruités et festifs, les rosés sont caractérisés par leur gourmandise et leurs arômes de petits fruits rouges.
En blanc, la Roussanne, la Marsanne, la Clairette et le Bourboulenc côtoient le Viognier, le Macabeu et le Vermentino. En résultent des vins expressifs, et vifs dominés par les fleurs blanches et les agrumes et, lorsqu'ils sont élevés en fûts du gras et des notes de miel.