Confréries #4 : l’Ordre des Coteaux de Champagne

Confréries #4 : l’Ordre des Coteaux de Champagne

En cette période de fêtes de fin d’année, je vous propose de découvrir une confrérie bachique on ne peut plus d’actualité car ses breuvages sont sans doute les meilleurs ambassadeurs des festivités à venir : la Champagne !

Suivez-moi, allons pousser la porte de l’Ordre des Coteaux de Champagne, une vieille confrérie datant de plusieurs siècles.

Trois Coteaux valent mieux qu’un !

En effet, le nom de cet ordre vient tout naturellement des trois coteaux historiques de l’appellation champenoise : Ay, Avenay et Hautvilliers.
Son origine remonte au règne de Louis XIV pendant lequel les jeunes nobles de la cour du Roi Soleil, bons vivants et fins gourmets mais également grands amateurs et connaisseurs de vins ont décidé de se regrouper afin de sélectionner les meilleurs vins. Au commencement le nom exact de l’ordre était l’Ordre des trois coteaux avant de devenir l’Ordre des coteaux de Champagne que nous connaissons aujourd’hui. Parmi ces jeunes aristocrates figurait Charles de Saint-Evremont, connu pour ses pamphlets et épicurien reconnu. Il était courant de le retrouver aux plus belles tablées françaises pendant lesquelles on échangeait sur des sujets tant philosophiques que gastronomiques. Ce genre de repas où l’ont refait le monde sans se soucier du temps qui passe.
Mais ce qui fait la différence entre cet Ordre et les autres confréries viniques traditionnelles françaises réside dans le fait qu’elle met en valeur l’ensemble des Vins de Champagne et pas uniquement un cépage, un cru ou une micro-appellation.

Un fonctionnement traditionnel

Si vous avez suivi mes précédents articles sur les confréries, vous ne serez pas déboussolés. Le principe d’organisation reste le même avec un Commandeur qui jour le rôle de Président qui peut s’appuyer sur les Dignitaires afin de régir l’Ordre le temps de son mandat. Le commandeur actuel est Bruno Paillard de la maison de Champagne éponyme qui a succédé en 2018 à Antoine Roland-Billecart (Billecart-Salmon). Il y a trois différents grades : Chevalier, Officier et Chambellan.

Le commandeur Bruno Paillard - crédit photo @Ordre des Coteaux de Champagne
Le commandeur Bruno Paillard - crédit photo @Ordre des Coteaux de Champagne

L’Ordre des Coteaux de Champagne peut s’enorgueillir de compter plus de cinq mille membres à travers le monde. Et les rangs grossissent chaque année lors des Chapitres. Ces derniers sont au nombre de 15 par an, la grande majorité se déroulant à l’étranger et c’est finalement bien là l’essence même d’une confrérie : faire rayonner l’aura d’une appellation à travers le monde. Ces chapitres sont divisés en deux catégories : le Chapitre Officiel et le Chapitre Etranger.
Concernant les Chapitres Officiels, ils se passent uniquement à Paris et sont liés au cycle saisonnier de la vigne : Le Printemps de Paris, la Fleur de la Vigne et les Vendanges.
Quant à l’étranger, les chapitres se déroulent principalement en Asie, Amérique du Nord, mais également en Europe comme l’Italie ou l’Espagne.

Un emblème de l’époque royale !

Certes, c’est un peu pompeux mais le symbole de l’Ordre est un verre à pied conique qui a été créé sous Louis XIV et dont je suis particulièrement amateur quoique peu adapté pour les dégustations les plus pointues mais tellement chargé d’histoire. Il est peu évasé au niveau du buvant et est de petite contenance. On peut facilement le reconnaître sur bon nombre de tableaux de l’époque. De petite taille, ce verre était couramment appelé Pomponne ce qui lui donne un côté plutôt mignon vous ne trouvez pas ? Sur l’emblème de l’Ordre des Coteaux Champenois, il est encadré de part et d’autre par trois grains représentant les trois coteaux. Ces derniers sont reliés à la Pomponne telle une grappe de raisin.

Comme bon nombre de confréries bachiques, l’Ordre a disparu lors de la Révolution et mis quelques siècles avant de renaître de ses cendres en 1956 grâce à François Taittinger, dirigeant alors la célèbre maison de Champagne du même nom. Grâce à ses recherches, il a su redonner vie à cet ordre.

Retrouvez les articles précédents de la série :

Confréries : origine et existence
Confréries #2 : la Jurade de Saint-Emilion
Confréries #3 : La Confrérie des Chevaliers du Tastevin