Cépages étrangers : le Tempranillo

Cépages étrangers : le Tempranillo

Le saviez-vous ? Il existe dans le monde plus de 6 000 variétés dédiées à l’élaboration du vin. Toutes ont des propriétés singulières que l’on retrouve à la dégustation. Nous nous intéressons aujourd’hui au Tempranillo, un cépage qui a largement participé à la renommée des vignobles espagnols et portugais à travers des nectars rouges, secs ou mutés, mais toujours puissants et fondus.

Un cépage allié des climats chaleureux

Son nom signifie le petit précoce en espagnol, en référence à sa période de maturité. C’est dans son pays d’origine qu’il brille principalement, représentant environ 78% de l’encépagement de la Rioja, sa région phare et l’une de ses plus anciennes appellations. On le retrouve également, pour ne citer qu’eux, au cœur de la Ribera del Douero, du Toro et de la Castilla de la Mancha. Mais les amateurs de vins mutés le connaissent surtout en tant que l’un des principaux responsables de la confection du Porto. Aussi surnommé Aragonez et Tinta Roriz ici, il a acquis le rang de cépage noble. Non content de séduire ces vignobles méditerranéens, il s’est ensuite exporté dans plusieurs pays du Nouveau Monde. Ne soyez donc pas surpris de le rencontrer en Argentine, au Chili, en Australie, en Afrique du Sud et aux États-Unis. Un succès que l’on explique notamment par sa prédilection pour les climats chauds.

Un cépage créateur de vins rouges structurés

En Europe comme ailleurs, il aide à délivrer des flacons rouges à la robe rubis profond. Au nez, on est irrémédiablement séduit par ses arômes de fruits mûrs oscillant entre la fraise, la framboise, la prune et la cerise. A cela s’ajoutent des fragrances d’épices, de réglisse, et de cuir, avec quelques notes herbacées et des touches plus ou moins boisées selon l’élevage. Cacao, caramel et noix de coco peuvent être au rendez-vous. Au palais, une sensation veloutée s’impose. Si les tanins varient en souplesse en fonction des cuvées, ces vins sont généralement synonymes de rondeur. Certains sont à boire jeunes et jouent sur un remarquable fruit, quand d’autres, plus concentrés, sont destinés à être attendus plusieurs années. Ils font alors preuve de puissance et de structure, sans jamais perdre de cette impression suave qui a fait la notoriété du Tempranillo.

Au Portugal, il a acquis ses lettres de noblesse grâce au Porto, un vin muté connu à travers la planète. Pour le façonner avec justesse, il est assemblé à d’autres variétés telles que le Touriga Nacional, la Touriga Franca et la Tinta Barroca. Bien qu’ils se distinguent clairement des vins rouges traditionnels dans leurs saveurs, ils expriment tout de même le caractère de ce cépage singulier. Dès les premières inspirations, on décèle des parfums de fruits rouges confiturés, de bois et d’épices. Une palette aromatique qui marque aussi la bouche, la rendant suave, ici encore, et joliment agréable. Elle équilibre ainsi la puissance apportée par le mutage à l’eau-de-vie. Des cuvées charpentées et gourmandes, avec un fabuleux potentiel de vieillissement.

Et on boit du Tempranillo avec…

A table, il est le compagnon de choix d’une multitude de mets savoureux. Lorsqu’il est vinifié en rouge sec, il apprécie les viandes rouges et grillades d’un repas convivial. Les cuvées plus complexes ont assez de force pour s’opposer au goût marqué de l’agneau et du canard, mais aussi souligner la finesse de champignons comme les cèpes ou la truffe. Côté Porto, vous pouvez tenter des mariages audacieux de l’entrée au dessert. En effet, il sublime aussi bien du gibier à poil qu’un fromage affiné. Servez-le avec une pâte persillée pour électriser vos papilles avec un contraste étonnant. Sans oublier les délices chocolatés qui enchanteront les becs sucrés.

Publié , par Marie Lallemand